mercredi 3 juin 2015

Deuxième jour de l'excursion en Lorraine avec les écrivains en guerre


Après une nuit réparatrice à Houdainville, près de Verdun, Gérard LAUVERGEON nous annonce le programme de cette journée : le matin, les écrivains qui ont combattu sur les Côtes de Meuse : les Éparges et St Rémy la Calonne et l'après-midi : Nancy et ses fameuses places. Nous dormirons dans cette ville.

Après avoir serpenté à travers les beaux paysages meusiens ensoleillés, nous arrivons à la crète des Éparges
À Saint-Rémy-la-Calonne, devant la tombe d'Alain-Fournier, Jean NIVET nous parle de sa mort et lit des textes de cet auteur. Une page sur A. Fournier.


Puis nous allons dans le Jardin Littéraire tout proche, où André nous parle de sa vieille connaissance : Paul Cazin "le sage d'Autun", auteur de L'Humaniste à la guerre, témoignage admiré par Barrès et Bernanos. Lire, à propos du jardin littéraire.


Nous n'avons pu voir que de loin, au sommet de la butte de Montsec, un monument, en forme de tholos, commémorant les offensives menées par l'armée américaine sur le saillant de Saint-Mihiel, près de Montsec en 1918. Une page sur Montsec.

Très bon déjeuner à l'hôtel-restaurant du Lac de Madine à Heudicourt-sous-les-Côtes.


Puis nous prenons la route de Nancy (plus d'une heure de trajet). Au contournement de Pont-à-Mousson, Gérard nous donne quelques précisions sur cette ville. Puis à l'entrée dans Nancy, il présente la ville aux trois places (le début de l'intervention, la partie historique manque, elle sera placée en annexe écrite)

À Nancy deux guides de l'office du tourisme nous attendent, une fois le groupe scindé en deux nous parcourons cette ville superbe. Voici quelques extraits des propos de notre guide agréablement érudite 1 et 2.

Notre journée se terminera par une visite libre du musée des beaux-arts. Une riche collection Daum nous y attend…

Enfin installation à l'Hôtel Ibis-Gare, dans le centre de Nancy.

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mardi 2 juin 2015

Premier jour de l'excursion en Lorraine avec les écrivains en guerre

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Ce mardi 2 juin, premier jour de notre excursion en Lorraine, sur les pas des écrivains de la grande guerre, au programme :
  • le matin, Valmy pour la visite libre du Centre d’Interprétation et du moulin de la bataille de Valmy du 20 septembre 1792.  
  • l'après-midi, Visite guidée du Fort de Douaumont.
  • Visite libre de l’ancien palais épiscopal de Verdun devenu le Centre Mondial de la Paix.
Départ très matinal, dès 6 h 30, trente budistes encore un peu somnolents quittent Orléans, sans Mauricette, qu'une méchante sciatique cloue au lit.
Notre car Dunois, très moderne et spacieux, mené avec souplesse par Peter, traverse le pays d'Othe et la Champagne.

Gérard Lauvergeon,
généralissime de notre expédition
Gérard LAUVERGEON, organisateur de ce voyage, nous présente, dès le départ, la journée (écouter cette présentation). Ensuite, après 10  heures il nous réveille doucement en parlant de la Lorraine (écouter cette présentation).

André LINGOIS prend la parole vers Châlons-en-Champagne, à propos de la bataille des champs Catalauniques (451). Il dérive vers le cabaret de la belle femme, nouvelle de Roland Dorgelès (écouter cette présentation).

Après Châlons-en-Champagne, anciennement "sur Marne", nous quittons l'autoroute. Gérard en profite pour nous parler de "Goethe et la campagne de France" (écouter cette présentation).

Marie-Hélène VIVIANI lit quelques lignes que Goethe rédigea durant cette  campagne  (écouter cette lecture). Elle est interrompu, un court moment, par Gérard lorsqu'apparaît l'église de Notre Dame de l'Épine (commune de l'Épine, en souvenir de la relique de la couronne d'épines du Christ)

Nous suivons la route de la fuite du roi Louis XVI, vers Varenne. Bientôt apparaît le moulin de Valmy (écouter cette courte présentation de la visite).



Nous pénétrons dans le Centre historique Valmy 1792 qui restitue la fameuse bataille du 20 septembre 1792 qui sauva la Révolution française menacée par les armées prussienne, autrichienne et la troupe de l'aristocratie française émigrée. Puis notre guide nous conduit voir de plus près le moulin, symbole de la République. Quelques lectures sur cette mémorable bataille.

Après Valmy, 1/4 h de route vers Sainte Ménehould. Nous passons près de l'emplacement du Château de Boncourt. André nous parle de Louis-Charles de Chamissot, poète et scientifique qui sera très connu en Allemagne sous le nom de Adelbert von Chamisso. Il poursuit en parlant de Sainte Ménehould, ville où il fit son service militaire. Ici naquirent aussi Don Perignon et Jean-Baptiste Drouet qui reconnut Louis XVI (écouter cette présentation) à Sainte Ménehould.


La mairie de Sainte-Ménehould
Dans cette petite ville, nous déjeunons au Cavalier Rouge, sans déguster de "pieds de cochon à la Sainte Ménehould" ; pour compenser, Claude VIVIANI nous lit la recette de cette spécialité locale qu'Alexandre Dumas a mis à l'honneur (écouter cette lecture). Plus de précisions sur l'hôtel de Metz et les pieds de porc, grâce aux plumes conjugués de V. Hugo et A. Dumas.

Nous reprenons notre car vers Douaumont. Dans un premier temps, nous traversons la forêt de l'Argonne, à ce propos Gérard intervient (écouter cette intervention).
Pierre Bonnaire, ingénieur des eaux et forêts et ancien président de la SAHO nous parle de cette forêt Lorraine qu'il connait bien (écouter cette présentation).

Plus loin, Gérard reprend la parole à propos de la Voie Sacrée où nous arrivons   (écouter cette présentation).


Visite du fort de Douaumont (écouter des interventions de notre guide : 1, 2 & 3). Voici quelques lectures sur le fort et un texte de Claude Simon sur les inhumations de soldats pendant la grande guerre.


Nous partons pour Verdun, Jean Nivet lit des textes de Jules Romains, puis d'Antoine Prost. Vous pouvez les lire sur notre site.


Centre Mondial de la Paix de Verdun
(ancien palais 
épiscopal)
Visite libre du Centre Mondial de la Paix de VerdunJean NIVET nous présente le Palais épiscopal qui héberge ce CMP (écouter cette présentation). Nous voyons deux expositions : Les relations franco-allemandes dans le dessin de presse et UNEARTH, sur les Nations Unis.

Puis sur le chemin de l'hôtel Le Privilège à Haudainville, où nous avons dîné et dormi, Jean lit un texte de Maurice Genevoix (écouter ce texte)
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dimanche 31 mai 2015

Innovation et humanisme

Le 9 avril, la Section orléanaise de Guillaume BUDE recevait Anne LAUVERGEON, chef d’entreprises, sur le thème :

INNOVATION ET HUMANISME

Jean NIVET, notre président, salua d’abord la conférencière, actuellement responsable de la commission Innovation 2030 mise en place par le gouvernement. Il parla au nom de l’humanisme, ce mouvement intellectuel porté entre autres par Guillaume Budé. Il rappela que cette mutation des idées provoqua une profonde rupture pour faire renaître l’esprit de l’Antiquité en Europe. Puis ll mit en relief le mot “innovation“ qui entraîne forcément l’idée de rupture - or, précisa-t-il - notre souci est de propager la culture gréco-latine  qui insiste plutôt sur la notion de continuité. Peut-on, alors, trouver un équilibre entre l’innovation défendue par la commission et l’humanisme qui nous est cher ?

Anne LAUVERGEON, vive et souriante, manifesta d’emblée sa satisfaction de retrouver Orléans, ville où elle a grandi, fait ses études, où vivent toujours ses parents, ville inséparable de l’association Guillaume-Budé dont elle entendit souvent parler à la table familiale. Elle ne manqua pas d’honorer la mémoire d’Alain Malissard, notre président disparu qui lui demanda de participer à cette année de commémoration du soixantième anniversaire de notre association orléanaise. 

D’emblée, elle répond à l’interpellation du président au sujet de l’innovation dont la présence dans l’histoire de l’humanité est immense. Elle prend des exemples dans l’histoire de l’énergie. Il y a 400 000 ans, la maîtrise du feu révolutionna la vie de nos ancêtres, en matières de chauffage, de cuisine… Ensuite la première révolution industrielle à la fin du XVIIIe siècle et la machine à vapeur et le charbon, la seconde révolution avec le moteur à explosion et le pétrole, en ajoutant l’électricité : tout cela reste les bases de notre civilisation. Les effets de ces innovations majeures sur la vie des hommes est patente…

Attention : « ces innovations ne marchent pas si la société n’est pas prête ». Divers exemples sont proposés, d’Héron d’Alexandrie à notre époque, en passant par l’invention de la machine à tisser le coton… L’émergence d’une innovation nécessite un environnement favorable, le rôle de humain est fondamental. Elle cite le cas de l’iPhone : Steve Job a trouvé la réponse juste à une demande latente. Nous avons besoin d’un téléphone intelligent, esthétique, que l’on s’approprie comme partie intégrante de soi. Il faut une conjonction de compétences. On ne peut innover que si la société est mûre pour cela. Il faut un environnement favorable, non seulement technique, mais sociétal. 
  
Alors, d’où vient l’innovation ? Il y a trois façons pour les grands systèmes d’innover :
  • L’état stratège qui impulse, par exemple : l’Airbus, aujourd’hui l’industrie aéronautique européenne est revenue au niveau de Boeing, grâce à la volonté forte de plusieurs états… qui ont joint leurs activités aéronautiques afin de développer de nombreux nouveaux avions avec le succès que l’on sait.
  • Plutôt que de lancer de grands programmes, il existe des états créateurs d’écosystèmes qui favorisent l'innovation, comme les USA et la Corée du Sud qui sont en tête pour les smartphones et les tablettes avec de grandes firmes comme Apple et Samsung.
  • Les indépendants qui innovent quelque soit leur environnement.


La France a connu six grands programmes : l’aéronautique, les télécoms, le nucléaire, le TGV, le spatial et le plan calcul ; seul ce dernier a échoué, donc cinq des six objectifs ont bien réussi, c’est très bien. Où nous sommes moins bons, c’est l’écosystème : aider l’innovation en créant des conditions favorables. Cela commence dès l’école puisque notre système scolaire mesure la distance à la perfection : prenons le cas d’une dictée de cent mots, un élève qui fait cinq fautes ou plus est noté zéro, c’est un cancre. Aux USA, au Brésil, sur cent mots, 90 mots de juste, c’est bien, les dix fautes c’est une base de progression… C’est pourquoi, notre système d’enseignement n’encourage pas l’innovation, contrairement au système américain du Nord où l’on voit les choses de façon plus positive et moins discriminante pour les élèves. Chez nous l’échec est stigmatisant or innover c’est prendre un risque d’échec, donc notre système n’encourage pas l’innovation… 

Dans les élites françaises très peu de gens sont formés par la recherche, qui éveille la curiosité, alors que les doctorats sont beaucoup plus valorisés dans le monde anglo-saxon ou en Allemagne… En France, nous ne soutenons pas assez le travail collectif, celui d’équipes pluridisciplinaires. “Nous aimons spécialiser“ affirme-t-elle. En prenant un exemple, en Amérique latine, Anne Lauvergeon montre la nécessité d’associer les ingénieurs aux artistes pour le design, aux commerçants pour vendre et sans oublier les logisticiens. Elle poursuit dans ce sens avec l’exemple d’un campus de Nancy (Artem) qui réunit ces compétences.

Notre école française vise à l’individualisme, la réussite personnelle basée sur la rivalité. Elle ne pratique pas assez le travail en équipes. « Alors, ceci étant dit , nous avons des forces considérables… » : nous avons beaucoup de formations d’excellence, des infrastructures formidables, une recherche publique remarquable, une capacité de débrouille hors pair, nous devons y arriver… Il faut faire travailler ensemble des gens qui voient les choses différemment qui viennent d’horizon variés ; l’hybridation doit permettre aux innovations d’être au service de l’homme. Nous avons besoin d’innover, d’avancer pour restaurer la croissance, pour garder notre modèle social, pour notre qualité de vie. 

Anne Lauvergeon prend pour exemple le département du Loiret dans lequel se trouve dix mille personnes âgées dépendantes dont l’espérance de vie et le confort sont liés au maintien à leur domicile. Elles reçoivent actuellement une boîte, une box ! spécifique qui permet de collecter des informations jusqu’alors notées sur du papier (passage des intervenants et remarques). Le Conseil général fera des économie par rapport à la gestion des papiers, La famille et les amis auront accès à ces informations. Enfin elle sert de système d’alarme. Mme Lauvergeon est présidente de la société SIGFOX, qui est l’opérateur de ces objets connectés. Ces objets connectés qui vont envahir notre quotidien.

« Les innovations n’ont de sens que si elles répondent à un besoin »

Nous arrivons à la démarche de la « commission innovation 2030 » destinée à permettre à notre pays de développer des innovations afin de les vendre au reste du monde pour restaurer la balance de notre commerce international. Elle part des besoins de la population mondiale tels que nous pouvons les envisager aujourd’hui : allongement de la durée de vie, développement des classes moyennes, urbanisation accélérée, changement climatique, extension du numérique (les datas). L'augmentation de la population entraîne des tensions grandissantes sur l’eau potable, l’énergie et les matières premières. On doit aussi prendre en compte la santé et l’éducation, ainsi que le changement des comportements des consommateurs (personnalisation, respect de l’environnement et des conditions de production des produits et des services).

La Commission  a proposé « sept ambitions stratégiques » que la France ne doit pas rater :
  • Le recyclage des métaux.
  • Le stockage de l’énergie.
  • La valorisation des richesses marines.
  • Les protéines végétales et la chimie du végétal.
  • La médecine individualisée.
  • La silver économie, l’innovation au service de la longévité.
  • La valorisation des données massives (Big Data).

Anne Lauvergeon conclut en paraphrasant Heidegger qui parlait de la vérité : « Les innovations sont des chemins qui souvent ne mènent nulle part mais parfois permettent d’avoir des vies meilleures »
     
Plusieurs questions du public permettent à notre conférencière de préciser sa pensée, puis cette soirée se conclut sous les applaudissements d'un auditoire intéréssé.
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Quelques liens :

   


jeudi 21 mai 2015

Victor Hugo au Sénat

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Le mardi 28 mars, l’Association Guillaume-Budé a accueilli 

Jean-Pierre SUEUR
sénateur du Loiret

qui avait choisi d’évoquer la figure d’un illustre prédécesseur au cours d’une Conférence intitulée :

VICTOR HUGO AU SENAT 

Assurant l’intérim de la Présidence, Jean NIVET a remercié le conférencier, d’abord d’avoir répondu aussi vite à l’invitation d’Alain MALISSARD peu de temps avant sa disparition - unanimement déplorée - ensuite d’avoir choisi un sujet inédit, les dernières années de notre grand poète étant, somme toute, assez mal connues.

En préambule, J.-P. Sueur a rappelé que le Sénat avait commémoré le bi-centenaire de sa naissance en déclarant l’année 2002  : « Année Victor Hugo », affirmant, non sans fierté, que « pour le citoyen qui a une activité politique, la littérature est d’un grand secours. » Et d’évoquer l’ouvrage que Charles Péguy avait consacré à notre poète : Victor Marie Comte Hugo, où il fait un portrait sans indulgence qui commence par :

« Hugo, pair de France, membre de l’Institut était un faiseur, un politicien fini, pourri de politique. » Il ajoute : « Il avait admiré l’Empereur, aimé les rois; il avait été libéral, démocrate, républicain et socialiste. » Victor Hugo a effectivement beaucoup changé, mais en suivant le chemin inverse de nombreux personnages politiques (même actuels), c’est-à-dire de la droite vers la gauche. Entre 1845 et 1848, il fut très proche du roi Louis-Philippe, assumant même le rôle de confident. Il avait reçu de lui une grande marque de confiance : en effet le 23 avril 1845, il avait été élevé à la Pairie, ce qui lui valut des critiques plutôt acerbes de la part de la presse républicaine.

Victor Hugo tenait donc son rang dans une assemblée résolument conservatrice, lorsque trois événements le troublèrent profondément :

1°) le 5 juillet 1845, il fut surpris en flagrant délit d’adultère avec Léonie d’Aunet, épouse Biard (Elle sera l’héroïne de La fête chez Thérèse des Contemplations) ; faisant état de son immunité parlementaire, il échappa à la prison que n’évitera pas sa complice. Il en éprouva de vifs remords, mais il n’esquiva pas les brocards de la presse; le roi lui conseilla donc de voyager. En réalité il n’alla pas plus loin que chez sa chère et tolérante Juliette, en attendant que l’orage passe; ce qui lui valut le mot spirituel de Lamartine ». En France, on se relève de tout, même d’un canapé ! »

2°) le 22 février 1846, rue de Tournon, en face du Sénat, Hugo assiste à l’arrestation d’un jeune homme qui vient de voler une miche de pain, sous les yeux indifférents de la grande dame qui trône dans sa berline aux portières armoriées. Cette scène symbolique de l’aristocrate ignorant superbement « le spectre de la misère » est le signe annonciateur d’une « catastrophe inévitable »; elle lui inspirera le début des Misérables et, sur le plan social,va susciter de sa part la création d’une Commission d’enquête parlementaire sur les logements ouvriers.

3°) le 16 avril 1846, il est confronté à la question de la peine de mort à propos de l’affaire Lecomte, du nom du garde-forestier qui a tiré deux coups de feu sur le roi en forêt de Fontainebleau. La Chambre des Pairs — qui a fonction juridique — va juger l’homme comme régicide. L’écrivain plaide la folie avec éloquence, mais en pure perte. Et cet échec va le marquer profondément.

Victor Hugo, devant cette Chambre, qu’il juge réactionnaire « avec ses membres infatués, méprisants et gourmés » (sic) va prononcer quatre discours qui furent diversement appréciés, dont J.P.Sueur nous donnera de larges aperçus.

Le premier (en date du 19 mars 1846) traite de la Pologne un mois après le soulèvement de Cracovie, un très beau discours (qui fut assez mal reçu) où il défend la civilisation européenne menacée en souhaitant que « la France engage son ascendant moral et son autorité qu’elle a si légitimement acquise parmi les peuples »

Le 1er juin 1846, Hugo s’exprime sur « la consolidation et la défense du littoral » menacé par les tempêtes et en même temps sur la nécessité d’aménager le port du Hâvre- une intervention très écoutée annonçant la future écologie et prenant en compte le développement économique. Dans la foulée, il va proposer une loi d’ensemble pour « arrêter cette colossale démolition », avec des accents dignes de son roman Les travailleurs de la mer.

Le troisième discours prononcé le 14 juin 1847 porte sur le sort de la famille Bonaparte (et en particulier celui du prince Jérôme). Victor Hugo qui se veut du « parti des exilés et des proscrits » demande qu’on abroge la loi qui bannit à perpétuité du sol français la famille de Napoléon. Il souhaite que, pour la mémoire populaire, la gloire de l’Empire soit réhabilitée.

Le dernier discours - du 13 janvier 1848 - sur le Pape Pie IX- fit un fiasco et Hugo dut quitter la tribune sous les huées.. Disons que présenter ce Pape comme « l’auxiliaire suprême des hautes vérités sociales » et bénissant la Révolution française ne pouvait qu’attirer des protestations véhémentes de la part des républicains convaincus.

Dans la dernière partie de sa conférence, J.-P. Sueur a montré l’activité de Victor Hugo en tant que sénateur de la Seine, c’est-à-dire de 1876 jusqu’à sa mort le 22 mai 1885.Il avait été en effet élu le 30 mai 1876 et réélu le 8 janvier 1882. En ces dix dernières années, alors qu’il est une personnalité célèbre et respectée, il va s’exprimer également à quatre reprises. Le discours le plus élaboré — et où l’on retrouve la griffe du grand écrivain — est celui où il s’engage contre la dissolution de la Chambre des Députés proposée par Mac Mahon le 21 juin 1877. Hugo est persuasif et la dissolution refusée. Cela dit, le discours qui a le plus marqué les esprits est sans conteste celui du 22 mai 1876 où il intervient pour l’amnistie des Communards, avec des formules incisives comme celle-ci : « Il n’y a qu’un apaisement, c’est l’oubli. Et dans la langue politique, l’oubli s’appelle amnistie. Je la demande pleine et entière. Sans conditions. Sans restrictions. » il aurait pu s’arrêter là, mais son goût pour la polémique l’emporte. Et de mettre en parallèle deux situations: celle de la France après le coup d’Etat du 2 décembre 1851 où « un homme commet un véritable crime contre le peuple », et celle du 18 mars 1871 où « une ville assiégée sauve l’honneur d’une nation ».


Il va conclure par une comparaison entre deux formes de représailles : d’une part en 1851 la fusillade du Boulevard Montmartre, de l’autre l’inexorable répression de la Commune. Hugo ne sera pas entendu. Dix sénateurs seulement voteront l’amnistie.

Cependant il ne désarme pas et revient à la charge, d’abord lors de la séance du 28 février 1879, puis le 3 juillet 1881: c’est son 3° discours pour l’amnistie, en même temps qu’il songe aux préparatifs de la fête du 14 juillet, une fête « qui doit commémorer la chute de toutes les bastilles, la fin de tous les esclavages… »

J.-P. Sueur a rappelé les dernières paroles de Hugo au Sénat et lu ses dernières notes consignées dans Choses vues avant de conclure par un souvenir plus personnel : lors des visites qu’il accompagne au Sénat, il tient à montrer la place qu’occupait notre poète, c’est-à-dire la troisième au deuxième rang. C’est de ce fauteuil qu’il est parti à la tribune pour défendre toutes ces nobles causes : l’abolition de l’esclavage, l’abolition de la peine de mort, le vote des femmes, l’institution de l’école laïque et obligatoire, la monnaie unique, les Etats-Unis d’Europe…
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lundi 13 avril 2015

Pétition pour la défense des langues anciennes

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Le Bureau de la section orléanaise Guillaume-Budé attire votre attention sur une pétition soutenue par la CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes) et d'autres associations de professeurs, pour la défense des langues anciennnes. 


Cette pétition s'adresse à Madame la Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.


Pour le maintien de l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité : l’enseignement du latin et du grec ancien pour tous les élèves, dans tous les établissements.

Aujourd’hui, tous les élèves, quels que soient leur lieu de scolarité, leurs difficultés ou leurs parcours, ont la possibilité d’étudier les langues et cultures antiques dans le cadre des options facultatives, qui s’adressent à tous sans discrimination aucune. Ainsi, à la rentrée 2014, selon les chiffres officiels, plus de 520 000 élèves étudiaient le latin ou le grec.
À la rentrée 2016, dans un État qui s’inquiète du niveau des élèves en langues, qui prône la réussite pour tous et la diffusion des valeurs humanistes chez le citoyen de demain, le latin et le grec ancien ne seront plus des options proposées aux élèves car elles ne seront même plus des disciplines.
Elles deviennent des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI), mises en concurrence avec tous les autres projets de l’établissement, qui aura la charge de faire le "choix" entre ceux-ci, selon les moyens qui lui auront été accordés.
Concrètement, cela signifie la disparition de l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité là où elles sont présentes aujourd’hui, car leur maintien ne tiendra qu’au bon vouloir local, après d’inévitables tensions entre ces disciplines et d’autres nouveaux projets.
Nous refusons que le latin et le grec ancien deviennent un vague complément culturel. Nous refusons que le latin et le grec ancien deviennent une niche éducative pour une élite.
Nous demandons instamment que les Langues et Cultures de l’Antiquité, champ d’études hautement formateur à la citoyenneté, continuent d’être proposées à tous les collégiens sous la forme d’un enseignement annuel assuré par des professeurs spécialistes du latin et du grec ancien, rompus par leur formation à croiser les approches disciplinaires.

Si vous souhaitez vous associer à cette pétition, cliquez sur cette adresse, indiquez votre adresse email, ajoutez éventuellement une phrase de commentaire, puis cliquez sur "Signer".

PS : vous pouvez lire "Pour en finir avec le latin et le grec", une tribune de Libération sur le même sujet (ou presque).

Les Belles Lettres annoncent la mise en ligne du premier portail francophone dédié aux humanités :


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vendredi 3 avril 2015

Scandales à Rome ! Cicéron monte à la tribune.

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Alain Malissard avait toujours souhaité que le latin, sa littérature et son histoire sortent d'un cadre strictement universitaire pour toucher l'ensemble des publics. C'est pourquoi il avait eu l'idée de proposer des "lectures" de textes qui seraient faites sur le théâtre d'Orléans avec l'aide du CDN et de la Scène Nationale.

Il y a dix ans, après avoir centré ses recherches sur les œuvres de Tacite, il avait conçu de faire lire des extraits des Annales par trois comédiens Benoît Guibert, Christophe Maltot et Thomas Matalou, Ce fut la mémorable séance du 26 novembre 2004 où avaient été proposées au public des Images de la Rome impériale l'année des quatre empereurs.

Les travaux plus récents d'Alain Malissard ayant porté sur l'étude de quelques scandales parmi ceux qui ont entaché le cité romaine au cours de son histoire, il avait souhaité encore une fois qu'une lecture fût faite sur le théâtre. Pour cela, il avait privilégié deux personnages scandaleux, contre lesquels Cicéron s'était élevé, Verrès et Catilina. Et, avec l'aide de Nicole Laval-Turpin, il avait choisi les passages les plus appropriés pour une mise sur le théâtre. La fatalité a voulu qu'il ne puisse ni achever ses travaux, ni assister à cette lecture à laquelle il tenait beaucoup. Alors ses amis ont fait en sorte que cette "lecture" puisse avoir lieu : ceux de "Guillaume-Budé", bien sûr, ainsi que François-Xavier Hauville et Bruno Lobbé pour la Scène Nationale, Arthur Nauziciel  et toute son équipe, pour le CDN.

C'est Xavier Galais qui, en cette soirée du 28 mars, a assumé la tâche difficile de faire vivre les textes de Cicéron.

On commença par des extraits des Catilinaires, ces discours par lesquels Cicéron, en cette lointaine année -63, a dévoilé devant le Sénat les détails de la conjuration contre la République. Xavier Galais choisit d'interpréter le grand orateur au moment où il était en train de préparer, d'assimiler son texte, se redisant les phrases qui lui résistaient, travaillant son articulation, crayon entre les dents.

En revanche, pour lire des extraits des Verrines – où sont dénoncés les cruautés et les pillages du gouverneur de la Sicile – l'acteur se posa  devant un micro et lança sa voix vers le public, afin de retrouver le style oratoire du grand Marcus Tullius, celui dont, au siècle suivant, Tacite rappelait qu'il avait laissé le souvenir d'une éloquence coulant avec la force d'un flot qui déborde (exundat et exuberat illa admirabilis eloquentia).

Un public nombreux était là pour applaudir la performance de l'acteur, tout en rendant hommage à la mémoire d'Alain Malissard dont on rappela combien, pendant vingt-cinq années, il s'était impliqué dans la vie culturelle orléanaise.
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Jean Nivet
Quelques photos d'Alain Malissard

Document de présentation de la soirée : p1 - p2 - p3 - p4

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mardi 3 mars 2015

Les Etats généraux de l’Antiquité : Quels enjeux pour demain ?

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Ce samedi 28 février, nous avons retrouvé la Sorbonne. Après avoir montré patte blanche aux vigiles assez débonnaires, le plan vigipirate oblige, nous nous sommes dirigés vers l’amphithéâtre Richelieu où se tenait un colloque intitulé
«Les Etats généraux de l’Antiquité : 
Quels enjeux pour demain ? »

Cette journée particulière a su réunir un public nombreux venu entendre d’éminents spécialistes nous parler de l’Antiquité. Nous avons pu constater que l'invitation lancée par différentes associations, dont Guillaume Budé « national », qui promeuvent la culture antique, a obtenu un franc succès. Parmi bien d’autres auditeurs, nous étions trois “Budistes“ d’Orléans (avec Colette Spenlé), curieux de participer à cette rencontre.
Ce colloque d’un jour, réflexion ouverte sur l’état des lieux et les enjeux du futur quant à la culture classique, a été organisé par l’APLAES soit l’Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur et par la SOPHAU ou Société des Professeurs d’Histoire Ancienne de l’Université. Toutes deux placées sous le haut patronage de l’Académie française et l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres avec le soutien de la Fondation Simone et Cino Del Duca - Institut de France.

Cette manifestation importante avait été annoncée, sur les ondes, par Emmanuel Laurentin qui dirige à France- Culture l’émission quotidienne, de grande qualité, « La Fabrique de l’Histoire “ qui a su fidéliser un public exigeant. Certains d’entre vous se souviennent peut-être de l’émission qu'Emmanuel  Laurentin consacra à notre association en octobre 2010 : Des humanistes modernes à Orléans”. Les membres du bureau sous la houlette de Alain Malissard ont eu ainsi le loisir de parler de l’histoire et de la vitalité de notre association orléanaise.


Hier, le 28 février 2015, la séance s’ouvrit à 10 heures après que chacun se fut installé sur les vieux bancs joliment boisés mais fort inconfortables de l’amphithéâtre circulaire. Impression de remonter le temps et d’entendre des voix anciennes. Public à l’écoute. Coup d’envoi portant sur le thème "L’Antiquité et l’éducation“. Cinq intervenants prirent place face à la salle, les coudes posés sur une longue table drapée d’un tissu vert. La première table “ronde “ réunissaient autour du modérateur Maurice Sartre : 

  • Augustin D’Humières, Professeur agrégé de lettres classiques au lycée Jean-Vilar de Meaux (Seine et Marne), fondateur et ancien président de l’association Mêtis
  • Bernard Legras, Professeur d’Histoire grecque, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, vice-président CFVU-Conseil Académique
  • Dario Mantovani, Professeur de Droit romain à l’Université de Pavie, directeur de la revue Athenaeum et du CEDANT (Centro di studi e di ricerche sui diritti antichi)
  • Monique Trédé, Professeur de Langue et littérature grecques à l’École Normale Supérieure (Paris), vice-Présidente de l’association Sauvegarde des Enseignements Littéraires (SEL)

La vivacité et la clarté des propos des intervenants, s’écoutant, se répondant, relayés par les remarques de Maurice Sartre habile à favoriser les échanges, ont mis d’emblée les auditeurs dans le vif du sujet. Comment enseigner aujourd’hui le grec et le latin ? Chacun des intervenants apportait sa note particulière modulée selon sa propre expérience : soit celle passionnante d’un enseignant de grec et latin actuellement en fonction, soit celle d’un juriste italien qui nous apprend que la plage horaire réservée à l’apprentissage du latin à l’école, est la même que celle consacrée à l’italien, soit les réflexions de Monique Trédé insistant avec force sur la nécessité de l’apprentissage du latin et de l’étymologie, pour comprendre et parler la langue française aujourd’hui, mise à mal par le quasi abandon de la grammaire dès le collège. État des lieux basé sur le rejet actuel de la culture classique d’où la pauvreté de la langue française au niveau supérieur. Question qui fâche : la formation actuelle des historiens n’exige plus l’apprentissage d’une langue ancienne malgré le goût des étudiants pour l’histoire du passé antique. À contrario et paradoxalement, l’on apprend que le best-seller « Harry Potter » est aujourd’hui traduit en latin !


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Insistance sur l’apprentissage des langues anciennes favorisant la connaissance de soi et la tolérance envers les autres. Connaître la religion polythéiste pratiquée chez les gréco-romains ne peut qu’ouvrir l’esprit des élèves aux multiples modes de penser. Le public emporté par la parole des orateurs applaudissait l’un ou l’autre des intervenants. Ce fut alors
le moment de parole donnée aux assistants qui déclencha divers témoignages intéressants et vigoureusement exprimés. Tous semblaient portés par le sentiment de l’urgente nécessité de ressusciter l’enseignement du grec et du latin dans le cursus de l’élève.

Après un déjeuner au Balzar — qui nous rappela que nous n’étions plus étudiants — nous revenons assister à deux autres tables rondes qui engageaient une réflexion ouverte sur la culture et la recherche au-delà de l’hexagone.

« L’Antiquité et la culture européenne » sous la direction souple et pleine d’esprit de Jean-Noël Jeanneney, ancien Président de la Bibliothèque Nationale de France, avec :

  • Barbara Cassin, Directrice de recherche au CNRS, directrice du centre Léon-Robin, Collège International de Philosophie. Philologue, helléniste, germaniste et philosophe française
  • Nicolas Grimal, Professeur au Collège de France (chaire Civilisation pharaonique : Archéologie, Philologie, Histoire), directeur honoraire de l’Institut Français d’archéologie Orientale – Le Caire
  • Györgi Karsai,Professeur de Philologie classique à l’Université de Budapest
  • Alain Schnapp, Professeur d’Archéologie grecque à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA)
  • Michel Zink, Professeur au Collège de France (chaire des Littératures de la France médiévale), Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres.

Cette table ronde passionnante, animée par de brillants professeurs nous permit d’outrepasser les frontières grecques et romaines de l’Antiquité et de l’élargir au Moyen-Âge et à la Renaissance. Les nouveaux intervenants tous férus dans leur discipline étaient cependant dépourvus de ce maintien « ex cathedra » qui aurait pu les éloigner d’un public venu nombreux, en attente de nouvelles perspectives. Barbara Cassin déclencha un élan de curiosité et Michel Zink fit les délices des amateurs de la civilisation médiévale européenne.
Beaucoup de jeunes têtes attentives, penchées sur leurs feuilles, stylo au poing, prenaient des notes et n’hésitaient pas à prendre la parole. Tenus en éveil après avoir retrouvé le même inconfort sur les bancs de l’amphithéâtre, nous ne pouvions, heureusement, nous laisser aller à la somnolence post-prandium ! Émettons une idée : notre époque pourrait peut-être s'inspirer de l'Antiquité pour essayer de retrouver l'esprit du discours et de la tolérance

La troisième table ronde fut modérée avec fermeté et talent par Emmanuel Laurentin, « journaliste d’histoire » à France Culture. Il portait sur L’Antiquité et la recherche avec :

  • Jean-Paul Demoule, Professeur de protohistoire européenne à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, ancien Président de l’INRAP, membre de l’Institut Universitaire de France
  • Alexandre Farnoux, Professeur d’archéologie à l’Université de Paris-Sorbonne, Directeur de l’École française d’Athènes
  • Francis Joannès, Professeur d’Histoire ancienne à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne (enseignement de l’histoire mésopotamienne, des rapports Bible-Mésopotamie, et des langues anciennes du Proche-Orient), Directeur de l’Unité Archéologies et Sciences de l’Antiquité (ArScAn-UMR 7041)
  • Catherine Virlouvet, Professeur d’Histoire romaine à l’université d’Aix Marseille, directrice de l’École française de Rome
  • Arnaud Zucker,Professeur de langue et littérature grecques à l’Université de Nice Sophia Antipolis, directeur adjoint de l’unité Cultures et Environnements Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM-UMR 7264, Nice), directeur de la revue électronique RURSUS


Ces propos argumentés nous permirent d’apprécier comment s’était faite l’extension de l’archéologie, du moins dans notre pays grâce à l’INRAP, et d’en connaître les limites dues aux types de contrats de recherche et à la crise actuelle… la place de la philologie et de l’épigraphie fut aussi soulignée avec maints exemples évocateurs.

Il y avait encore plus de trois cents personnes lorsque Christophe Ono-dit-Biot, journaliste, écrivain et directeur-adjoint de la rédaction du Point, s’essaya à synthétiser les échanges de cette journée riche d’écoute et mémorable. De façon piquante et malicieuse, le journaliste évoqua une phrase prononcée par Steve Job : "J’échangerais toute ma technologie contre un après-midi avec Socrate". Quel hommage !

Il le fit avec le brio qu’on lui connaît sur les ondes et l’enthousiasme que nous ressentions nous-mêmes, au cœur de cette vieille institution, centre de débats d’actualité et chargée d’énergies nouvelles.
Rappelons que le mot « enthousiasme » vient du grec « enthousiasmos » soit « transport divin ». C’est le mot que je retiendrai pour symboliser l’état d’esprit animé qui fut le nôtre au cours de cette belle journée, portant au cœur cette question : « comment la recherche dans le domaine de l’Antiquité peut-elle continuer de nourrir notre connaissance et notre compréhension du monde contemporain ? »

Enfin, la compagnie Démodocos, de Philippe Brunet, Professeur de Langue et littérature grecques à l'Université de Rouen, présenta « Poésie, musique, danse, théâtre » spectacle voulant restituer sur scène l’esprit de l’Antiquité, mais il nous a déçus par rapport à notre attente.
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Des photos et les vidéos de cette belle journée 

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