Affichage des articles dont le libellé est Hommage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hommage. Afficher tous les articles

lundi 12 juin 2017

Pierre NAVIER

.
Pierre Navier, qui exerça les fonctions de trésorier de notre association, pendant dix ans, est décédé à 92 ans. Il avait succédé en 1999 à Geneviève Dadou, dont il avait été précédemment l’adjoint. Il a fait entrer Guillaume-Budé Orléans dans l’ère informatique en utilisant des fichiers Excel et tenu nos comptes avec une rigueur minutieuse et exemplaire. 

Ingénieur, son intérêt pour la culture classique l’avait conduit à rejoindre notre association. Homme aux multiples talents, il a été présent lors de nos voyages et de nos excursions, auxquels il participait passionnément et nous possédons, grâce à lui, de nombreux enregistrements et une photothèque riche de belles images et de bons souvenirs.

Maintenant qu’il nous a quittés, nous rendons hommage à l’homme qui fut notre ami et qui restera dans la mémoire de tous ceux qui l’ont bien connu.


Il reposera auprès de sa femme, Suzanne, professeur de Lettres, au cimetière de Sury-en-Vaux, qui domine les vignes du Sancerrois, auquel il était très attaché.
.

lundi 3 avril 2017

Colloque en hommage à Alain Malissard

.
Le colloque Orléans et les villes-fleuves du monde : histoires d’eau, histoires d’art, qui s’est tenu à Orléans les 16 et 17 mars, était dédié à Alain Malissard. L’initiative en revient à Patrick Voisin, professeur de langues anciennes en classes préparatoires à Pau, à Olivia Voisin, directrice des musées de la ville d’Orléans, et à Bertrand Sajaloli, maître de conférences en géographie à l’université d’Orléans, où Alain Malissard fut professeur de langue et de littérature latines. La section orléanaise de l’Association Guillaume-Budé était partie prenante de cet hommage.

Si l’ensemble du colloque fut placé sous la figure tutélaire d’Alain Malissard, lui rendant hommage à travers la diversité des intervenants venant d’horizons parfois lointains, qui ont fait se croiser disciplines et approches, la matinée d’ouverture du colloque a été consacrée plus spécifiquement à Alain Malissard.

Nous rendons compte ici des quatre temps qui l’ont constituée.

Bertrand Hauchecorne, actuel président de la Section orléanaise de l’Association Guillaume-Budé, a rappelé le rôle d’Alain Malissard, président pendant 25 ans, pour rendre la section si active et dynamique. Il a évoqué également sa personnalité ouverte et disponible, désireuse de partager son savoir universitaire avec tous les publics, quels qu’ils soient, et en dehors des cadres institutionnels.

Jean Nivet a résumé le parcours universitaire d’Alain Malissard : après avoir consacré dix années à l’étude de la Colonne Trajane, puis dix autres années à l’étude de Tacite, il a choisi le thème de l’eau comme objet d’étude, dans l’idée que c’était un moyen particulièrement efficient d’entrer dans une connaissance approfondie de la civilisation romaine. Ses travaux, on pourrait dire ses « histoires d’eau », ont donné lieu à de nombreuses communications et conférences, et à deux ouvrages publiés aux Belles-Lettres, Les Romains et l’eau (1994) et Les Romains et la mer (2012). Jean Nivet, comme le plus ancien membre de la section orléanaise Guillaume-Budé, et Hadrien Courtemanche, ancien étudiant de la faculté des lettres d’Orléans récemment entré comme membre du bureau, ont donné une lecture à deux voix de plusieurs extraits tirés de ces deux ouvrages, lecture illustrée de photos et d’images.

Ont suivi deux communications, faites par d’anciens collègues d’Alain Malissard à la faculté des lettres d’Orléans : Émilia Ndiaye a repris ses travaux sur l’eau dans la perspective du colloque, Rome et son fleuve, le Tibre. Franck Collin, pour sa part, s’inspire de la démarche chère à Alain Malissard en ce qui concerne l’Antiquité, qui consiste à en repérer les échos et les prolongements dans les époques ultérieures : il l’a fait pour le Tibre, tel qu’il a survécu dans notre imaginaire.


Émilia Ndiaye
.

jeudi 15 décembre 2016

Géraldi LEROY


Géraldi Leroy nous a quittés ce 13 décembre à l'âge de 76 ans. Membre de notre Association depuis de nombreuses années, il y avait noué de solides amitiés. Habitué des sorties littéraires, il avait aussi participé à plusieurs voyages sur les grands sites antiques. Surtout, il avait prononcé pour Budé trois conférences remarquées en relation avec ses travaux universitaires : Les écrivains sous l'Occupation en 1995, La Rome et la Grèce antiques vus par Simone Weil en 2010 et Le patriotisme de Péguy en 2014.



Solognot né à Selles-Saint-Denis (41), il avait intégré l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud. Après l'agrégation de Lettres classiques, il avait commencé comme coopérant une carrière d'enseignant à Tunis avant de venir à l'Université d'Orléans comme professeur de littérature et de mener à bien sa thèse de doctorat d'Etat (1980) sur Les idées politiques et sociales de Charles Péguy. Il était devenu LE spécialiste unanimement reconnu du penseur et poète orléanais auquel il a consacré de très nombreux articles et plusieurs livres : Péguy entre l'ordre et la révolution, Péguy en son temps. Le dernier, Charles Péguy, l'inclassable en 2014, est l'aboutissement de toute une vie consacrée à cette recherche. Passionné de littérature portant sur les idées politiques et de sociologie des écrivains à l'époque contemporaine, il avait un grand souci de la précision historique pour expliquer les positions et les comportements des auteurs et les milieux dans lesquels ils évoluaient. A cet égard, on peut citer Les écrivains et l'histoire 1919-1956, Les écrivains et le Front populaire, La vie littéraire à la Belle Epoque, Batailles d'écrivains. Littérature et politique. 1870-1914, ces deux ouvrages en collaboration avec Julie Sabiani. Il avait aussi établi et fait paraître les œuvres de Simone Weil et certains textes de Jaurès. D'autre part, sa renommée l'avait fait participer à de nombreux colloques (notamment au colloque du Sénat de janvier 2014 intitulé Être péguyste dans la cité aux côtés d'Alain Finkielkraut, Jacques Julliard et Jean-Pierre Sueur. En 2014, il avait été sollicité dans la France entière et notamment à Orléans pour parler de Péguy dont c'était le centenaire de la mort sur le champ de bataille.

Humaniste et cordial, Géraldi Leroy impressionnait par sa capacité de travail, sa culture littéraire et historique, la finesse de ses analyses et la précision de sa parole et de sa plume. L'Association Guillaume Budé où il laisse beaucoup de regrets s'honore de l'avoir compté dans ses rangs et exprime à Françoise toute son affectueuse sympathie en ces douloureuses circonstances.



Vous pouvez écouter (et télécharger) la conférence que Géraldi LEROY 




vendredi 3 avril 2015

Scandales à Rome ! Cicéron monte à la tribune.

.
Alain Malissard avait toujours souhaité que le latin, sa littérature et son histoire sortent d'un cadre strictement universitaire pour toucher l'ensemble des publics. C'est pourquoi il avait eu l'idée de proposer des "lectures" de textes qui seraient faites sur le théâtre d'Orléans avec l'aide du CDN et de la Scène Nationale.

Il y a dix ans, après avoir centré ses recherches sur les œuvres de Tacite, il avait conçu de faire lire des extraits des Annales par trois comédiens Benoît Guibert, Christophe Maltot et Thomas Matalou, Ce fut la mémorable séance du 26 novembre 2004 où avaient été proposées au public des Images de la Rome impériale l'année des quatre empereurs.

Les travaux plus récents d'Alain Malissard ayant porté sur l'étude de quelques scandales parmi ceux qui ont entaché le cité romaine au cours de son histoire, il avait souhaité encore une fois qu'une lecture fût faite sur le théâtre. Pour cela, il avait privilégié deux personnages scandaleux, contre lesquels Cicéron s'était élevé, Verrès et Catilina. Et, avec l'aide de Nicole Laval-Turpin, il avait choisi les passages les plus appropriés pour une mise sur le théâtre. La fatalité a voulu qu'il ne puisse ni achever ses travaux, ni assister à cette lecture à laquelle il tenait beaucoup. Alors ses amis ont fait en sorte que cette "lecture" puisse avoir lieu : ceux de "Guillaume-Budé", bien sûr, ainsi que François-Xavier Hauville et Bruno Lobbé pour la Scène Nationale, Arthur Nauziciel  et toute son équipe, pour le CDN.

C'est Xavier Galais qui, en cette soirée du 28 mars, a assumé la tâche difficile de faire vivre les textes de Cicéron.

On commença par des extraits des Catilinaires, ces discours par lesquels Cicéron, en cette lointaine année -63, a dévoilé devant le Sénat les détails de la conjuration contre la République. Xavier Galais choisit d'interpréter le grand orateur au moment où il était en train de préparer, d'assimiler son texte, se redisant les phrases qui lui résistaient, travaillant son articulation, crayon entre les dents.

En revanche, pour lire des extraits des Verrines – où sont dénoncés les cruautés et les pillages du gouverneur de la Sicile – l'acteur se posa  devant un micro et lança sa voix vers le public, afin de retrouver le style oratoire du grand Marcus Tullius, celui dont, au siècle suivant, Tacite rappelait qu'il avait laissé le souvenir d'une éloquence coulant avec la force d'un flot qui déborde (exundat et exuberat illa admirabilis eloquentia).

Un public nombreux était là pour applaudir la performance de l'acteur, tout en rendant hommage à la mémoire d'Alain Malissard dont on rappela combien, pendant vingt-cinq années, il s'était impliqué dans la vie culturelle orléanaise.
.
Jean Nivet
Quelques photos d'Alain Malissard

Document de présentation de la soirée : p1 - p2 - p3 - p4

.

mardi 27 mai 2014

Solange Lauvergeon chevalier de la légion d’honneur

.
Nouvel hommage aux femmes de notre association orléanaise Guillaume  Budé !  
Il y a quelques mois, le 22 septembre 2013, sur notre blog, j'ai eu le plaisir d'évoquer l’une de nos amies, Catherine Martin-Zay, particulièrement honorée le jour où elle reçut, dans sa librairie, la médaille d'Officier des Arts et des Lettres, des mains de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti.

Depuis ce temps, l’une de nos “budistes“ fidèles, fut distinguée, à son tour, dans notre cité Johannique. Le soir du vendredi 21 mars 2014, une cérémonie particulière mit en pleine lumière, Solange Lauvergeon, qui dut monter sur le podium pour recevoir une décoration prestigieuse dans un lieu symbolique, soit l'Hôtel de Région sis au flanc de la cathédrale d'Orléans. Notre amie reçut la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur non seulement pour récompenser une carrière professionnelle bien remplie mais aussi pour saluer toute une vie d'engagement au service de ses concitoyens. Michel Sapin, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, lui remit les insignes de cette distinction, sous la Présidence de François Bonneau, président de la région Centre. Ils  nous firent entendre de beaux discours fleuris autant qu’explicatifs, tandis que M. le sénateur Jean- Pierre Sueur alignait sa haute silhouette auprès d'Anne Lauvergeon, rayonnante de fierté filiale. On le serait à moins !

À mon tour, je  voudrais, à ma façon, dire "Deux ou trois choses que je sais d'elle" un peu, à la manière indirecte de Jean-Luc Godard dont le film fait parler la Ville à travers un portrait de femme. Dire “ Solange “ - côté cour et côté coeur - telle qu’elle me toucha au cours des années remplies de rencontres, de voyages, de promenades : multiples occasions de converser selon notre humeur, multiples occasions de respirer la vie qui court et qui  nous mène à bout de souffle. 

Loin de moi l’idée de me lancer dans une hagiographie de Solange, une histoire édifiante ! même si parfois, je l’avoue, j’aperçois quelques ronds d’auréole flotter au-dessus de sa tête comme un halo baladeur, perceptible seulement à ceux qui la connaissent bien ! J’aimerais la cadrer dans une image “ juste “, la peindre sans la chamarrer de couleurs voyantes, esquisser d'un trait net une silhouette de femme sobrement élégante, l'une de celles qui pourrait illustrer une citation de Coco Chanel "La mode se démode, le style jamais".



Ce soir-là, nous eûmes la démonstration de son style personnel. Car la modestie de Solange dut-elle en souffrir, notre amie fut admirée, louangée, applaudie. Sous l’éclat vif des projecteurs et celui des regards aiguisés, notre amie starisée fit entendre sa voix calme et sans emphase, dans le silence plein d’empathie que l’on réserve à l’élue du jour sanctifiée sur l’autel de la célébrité, belle éphémère inscrite au jour “J “ du calendrier.  

Une fois descendue de l’estrade honorifique, 
Solange  reprit son parfait naturel, 
se baigna dans les effluves d'affection démonstrative et spontanée.
Elle  flâna à son aise, au milieu du parterre, cueillant, par ci par là, les fleurs des compliments enrubannés. 
Congratulations !
   
Bruissement de la foule qui fit un glissando vers l’espace dînatoire. Ouverture du buffet ! 
Ce fut l’heure de s’extasier sur les mets étalés en parfait appareil, gamme de nourritures à flatter les papilles en éveil.  
Le vin remplit les coupes et l’on trinqua ! Belle ambiance et joyeux brouhaha ! 
Gaudeamus ! C’est l’heure des libations autour de Solange, Mater Alma !    
La fête battit son plein de délices gourmands et de propos en verve, de rires sans réserve ou qu’on réserve à ces heures colorées… Allegro vivace ! 

Verre en mains, un peu sur le retrait, je regardais Solange enveloppée d’encens.
et me mis à soliloquer, réfléchissant : 
Ah! ce n’est pas simple de parler d’Elle !” 
car sa simplicité est justement le signe distinctif d’une forte personnalité.
Femme de cœur en toute discrétion, chaleureuse sans ostentation. 
Réserve marquée d’élégance, bien connue de ceux qui l’approchent,
amis et complices du chemin parcouru.

Au fil des ans d’une mutuelle découverte, je fus souvent frappée par sa faculté d’écoute et de compréhension,
sa réticence à tout déballage personnel, son rejet des Fausses Confidences, cette forme d’hypocrisie mondaine à laquelle nous sacrifions peu ou prou, par goût du jeu social. 
Son “Je “ à elle n’a rien d’un ego narcissique. 
Il se plaît au “nous “collectif, amical,    
ou bien au tutoiement qui met à l’aise,
signe d’attention à l’autre, en veine de confidences. 

Pour caractériser Solange, selon ma fantaisie, à propension lyrique, 
j’aimerais “situer mon sujet“  sous l’égide de Max Jacob,
expert en l’art d’étirer des portraits, classiques, cubistes ou drolatiques ! 

Son prénom, à lui seul, fait lever des images   
et la place en situation élevée. 
De quoi jouer avec les mots sortis de mon Cornet à dés. 
J’aime ses deux syllabes qui s’épousent et scandent
l’union intime d’un Sol où s’enracine quelque chose d’un Ange. 

L’acuité de son regard clair, 
les traits de son visage disent la fermeté d’un énergique caractère,
autant que son pas élastique…. 
musique en Sol, clavier bien tempéré, partition éclectique. 

Dès qu’on l’appelle,
Sol-Ange prend son envol.  
En main, sa clé de Sol,
accourt, à tire d’ailes, secouriste zélée …     
puis reprend forme humaine, 
pieds plantés sur un Sol malmené ,      
qu’elle arpente en Solide terrienne, 
Solidaire et sereine. 

Clé de Sol d’un cœur à l’écoute du monde, 
de ses accents polyphoniques
elle chante  
dans ce concert à l’unisson
où j’aime Solfier avec elle.  
J’entends jouer la note unique 
de sa rythmique personnelle 
au plus juste de la partition.  

Les souvenirs affluent en cascades irisées   
tandis qu’elle évolue 
dans le tourbillon ordonné 
de cette soirée Lauvergeon. 
M’envahissent pêle-mêle des images à foison 
qui surfent sur la vague de nos lieux de voyages,     
lieux de partage, plaisir et badinage … 
Solange que j’appris à connaître au quotidien de nos balades
dans ses élans d’admiration, sourire et pied léger.  
Cailloux ensoleillés. 
Si d’aventure,vous trébuchez,
elle se trouve à vos côtés 
tout naturellement…

Je la revois dans la gaieté de ces moments ludiques
quand nous foulions les sols antiques,  
sous l’aimable conduite  d’Alain le magister 
notre oracle tant savant qu’écouté … 
et celle de Gérard estampillé “le géographe“ 
celui qui fait lever les paysages, 
patenté cartographe. 
Je les ai vus prendre forme et visage 
magiquement. 

Nous volons sous le signe de la Chouette, vers le pays Hellène 
l’ile-piton de Santorin, la Crête minoenne , 
le Prince fleur de lys, aisance souveraine,  
Le pays sanglant des Atrides, Agamemnon, Hélène… 

Visitons l’Italie, 
Campanie et Capri … 
Syndrome de Stendhal, extase  garantie
Voir “Naples et mourir…“ 
La Toscane : “Ah!  mon Dieu que la mort  est jolie 
au ciel des tombeaux  peints de l’Étrurie… ! “  
Il y eut aussi L’Angleterre romanisée 
mais je ne peux m’éterniser… 

La fête a perdu ses couleurs… Je reviens à la réalité  
Il est temps de laisser Solange qu’entoure son cercle familial. 
En la quittant,
j’entendais bruire le chant choral 
des enfants réunis 
autour de la Chevalière Solange 
près de Gérard, fidèle chevalier, en duo d’harmonie…

Avant de m’en aller,
un regard qui s’attarde  !  
Moment furtif
bref arrêt sur image !  
“Ô temps suspends ton vol ! “ 
Je tiens Solange, cadrée dans mon viseur, 

et je la “Flashe“ juste en plein  cœur…
.

dimanche 22 septembre 2013

Catherine Martin-Zay, officier de l'ordre des Arts et des Lettres.

.
Il est 15 heures. Le vendredi 5 septembre 2013 s’étire dans la chaleur moite d’un après-midi saturé de soleil. Nous gagnons le centre ville d’Orléans. Au débouché de la place de Gaulle s’ouvre la rue Notre-Dame de Recouvrance qui descend doucement vers la Loire, belle flâneuse que la ville porte en écharpe fluide et douce.

Quelques badauds, dont nous sommes, tournent autour de la vitrine claire du numéro 57, comme en attente d’un évènement. C’est une adresse bien connue des Orléanais, de ceux qui aiment retrouver l’un des pôles culturels qu’offre la ville ligérienne. Il attire les amoureux de la littérature et des échanges, en toute liberté de parole.  

C’est au rez-de chaussée de cet immeuble, que Catherine Martin-Zay, choisit, en 1964, d’ouvrir une librairie qu’elle appela « Les Temps modernes » en hommage à la revue fondée par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, ces « monuments » des Lettres, toujours très visités. 

Dans ce lieu aussi lumineux qu’exigu, les livres montent au plafond, se nichent dans le moindre recoin. Ils s’imposent aux regards, nous toisent du haut de leurs rayonnages ou se prêtent simplement à la caresse d’une main amicale et curieuse. 

Depuis 50 ans « Jubilé ! Jubilons ! » Catherine, de longue date adhérente de notre association, fait vivre sa librairie, avec l’exigence, l’énergie et l’allant de qui connaît parfaitement son domaine auquel elle prête son beau visage-palimpseste, ouvragé par le temps, sculpteur de nos passions.

L’effervescence se propage dans l’allée centrale bientôt surpeuplée, porte ouverte sous l’arcade ombrageant  les amis et clients qui ceinturent en grand nombre, les vitrines du magasin. Journée particulière pour notre amie libraire. Une mise à l’honneur, un jour de gloire couronné des lauriers de la République ! puisque Catherine Martin-Zay reçoit aujourd’hui les insignes d’officier des Arts et des Lettres, des mains de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti.




À l’heure dite, la haute silhouette sportive de la très médiatique ministre, franchit le seuil, se fraye un passage, cernée de toutes parts par les VIP, personnalités politiques et culturelles de la ville d’Orléans. Très à l’aise au cœur de ce public de lecteurs qui pourraient être les siens car elle est romancière en plus de ses fonctions ministérielles.      

Le silence s’est fait pendant que se déroulent les phrases d’un discours de circonstance fort bien ordonnancé. La sonorisation prévue porte la parole in et off de l’espace librairie bruissant de vie. « L’œil écoute »


Premier hommage à Jean Zay, le père de Catherine. Ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, il fit beaucoup pour diffuser la culture, pour  tendre vers ce qu’il appelait « son  idéal démocratique ». Fidèle à la tradition paternelle, sa fille concrétisa  ses idées avec l’ouverture de la première librairie indépendante d’Orléans, forte de son identité particulière. Place aux livres de « belle et grande littérature », « patrimoine de la nation de l’esprit » rappelle Mme la ministre, citant Alfred de Vigny. Ses propos soulignent le rôle de passeur d’intelligence qu’a joué Catherine, pendant 50 ans, attentive à toute forme de nouveauté littéraire quand celle-ci sait allier l’exigence d’une pensée avec l’art du styliste. Puis l’oratrice salue la ferveur de son engagement militant au service des Lettres et des Arts, avant de clore son allocution.



Au prix de quelques contorsions, je peux apercevoir Catherine que la République a choisi d’honorer en ce jour de septembre. Vêtue de blanc, telle une vestale antique, elle nous semble la gardienne d’un Temple, vouée au dieu de la littérature qu’elle sert toujours avec la flamme de sa conviction. Je la vois qui pose en toute simplicité, fine statuette de Tanagra que la Messagère culturelle épingle bientôt de la médaille d’officier des Arts et des Lettres. Bravo !

Catherine alors s’anime pour répondre au discours ministériel. Sa voix s’élève maintenant dans un silence quasi religieux. L’émotion gagne certains d’entre nous qui la connaissons bien. Remerciements chaleureux à tous ceux qui l’ont aidée dans sa mission de service public. Rappel du passé, souvenirs de la petite enfance à Riom où elle retrouvait fugitivement son père apprenant, comme lui, à lutter contre l’adversité, telle la Chèvre de M Seguin, qu’elle fait surgir près d’elle, le temps d’évoquer son combat acharné de résistante aux forces du mal. Nous la suivons dans le déroulement des étapes de sa vie ; son arrivée à Orléans, la découverte du prestigieux passé de la ville où elle s’insère et prend place en donnant aux Livres une maison à vivre et «commercer» avec la clientèle qu’elle fidélise grâce à des activités ciblées qui animent sa librairie « Bouillon de culture ». J’aperçois, près d’elle, sa sœur Hélène, elle-même témoin de son temps avec la fondation du CERCIL, en ville d’Orléans. 

Catherine évoque ces temps de rencontres inoubliables avec les auteurs qu’elle convie régulièrement dans son pré-carré du partage, tant hier qu’aujourd’hui, puis elle dévide un chapelet de noms d’écrivains, tous « ces travailleurs intellectuels » dont les ouvrages, les photos, les posters vivent sous nos yeux, façonnant la personnalité de cette librairie « atypique » où le livre n’est pas simple gadget soumis aux modes mais source de vie.

Avant de clore son discours, Catherine présente la nouvelle directrice de la  maison, sa fille Sophie épanouie auprès d’elle, déjà projetée dans une galaxie nouvelle toujours peuplée d'ouvrages en quête de lecteurs. Fidélité ! Beauté de la transmission familiale !  

Il me plaît de retrouver le timbre de sa voix, la scansion douce et nette de son phrasé. Nous sommes suspendus à ses lèvres, heureux de l’hommage rendu à « notre Dame Catherine » fiers d’être de ceux qui hantent sa librairie, vont, viennent, discutent, montent les escaliers pour envahir l’espace d’en-haut, rempli de lumière. Je l’imagine au cœur de son activité quasi hebdomadaire. 

Catherine devient  l’« Arthenice des Temps modernes », le jour où elle reçoit l’invité(e) du jeudi, dans sa « ruelle » du premier étage. Les amateurs ont ainsi rendez-vous avec les auteurs, poètes et romanciers, peintres, artistes, théoriciens et philosophes que l’on rencontre « sur le vif » le temps d’un rendez-vous qu’on savoure avec le plaisir gourmand des amoureux de la vie dans tous ses états.   

Chacun prend place cahin-caha dans un joyeux fouillis de tabourets et de chaises ( très demandées) dans le brouhaha des « flashs « de conversations qui préludent à la présentation de la personne invitée. Nous aimons ces heures lumineuses, les échanges, les controverses, les feux de l’esprit qui étincellent autour d’une lecture qui nous échauffe la tête et le coeur. On se dit qu’on a retrouvé le temps perdu à je ne sais quoi et «recouvré » la santé mentale avec l’art de la conversation. L’on se sent accueilli dans cette maison du 57 rue de la Recouvrance la bien nommée car elle soigne notre mal de vivre.




Pour toutes ces raisons, pour la passion vécue,
Chère Catherine , 
« Grâce vous soit rendue ».
Écouter la cérémonie
[Cliquer sur les photos pour les agrandir]
.

samedi 31 août 2013

Daniel Cuisiat nous a quittés

.
Le bureau de l'association Guillaume-Budé a la tristesse de vous faire part du décès survenu le 22 août de Daniel CUISIAT, professeur honoraire de classes préparatoires au Lycée Pothier, et fidèle membre de notre association depuis son arrivée à Orléans en 1973. Agrégé de Lettres classiques, docteur d'Université, Daniel Cuisiat s'était fait un nom parmi les seizièmistes en publiant en 1998 chez Droz dans la collection Travaux d'humanisme et Renaissance les "Lettres du Cardinal Charles de Lorraine". Il nous avait d'ailleurs présenté ce  personnage hors du commun dans une brillante conférence qui inaugurait la saison 2003/2004. Les collègues, les élèves et tous les budistes gardent le souvenir d'un homme ouvert, accueillant, d'une grande  simplicité.


Notre plus ancien secrétaire, qui le connaissait de longue date, avait tenu, lors de la cérémonie funèbre, à dire ces quelques mots à titre amical : 


Ce n’est pas le collègue, le professeur, l’historien que je veux évoquer devant vous, mais tout simplement l’ami. Et c’est en mon nom personnel que je vais, cher Daniel, te dire adieu ; cependant j’espère que tous ceux qui ont eu la chance de te connaître m’accompagneront dans cet adieu, même si les souvenirs que je voudrais rappeler ont leur part d’intimité.


Cher Daniel, je te connaissais déjà avant de t’avoir rencontré. En effet je suis arrivé au CPR de Dijon juste un an après ton passage, mais je peux dire que tu étais encore très présent. Mon maître de stage, qui fut le tien (je veux nommer Guy Grand, un homme dont la personnalité ne laissait personne indifférent) parlait de toi avec enthousiasme; il avait même en quelque sorte pressenti tes travaux futurs: il ne s’était pas trompé. A Reims, tu as rencontré la figure emblématique du Cardinal Charles de Lorraine auquel tu as consacré ton grand œuvre.


Le hasard — que je préfère appeler la chance — a voulu qu’Orléans soit le lieu où nous avons fait réellement connaissance et où nous avons tissé des liens d’amitié, renforcés par nos rencontres dans une association dont l’emblème est l’oiseau d’Athéna, et qui a su allier la culture antique et l’ouverture au monde. Ensemble, nous avons été conduits à faire (et à refaire) le “pèlerinage aux sources”: en Grèce, en Attique et dans le Péloponnèse, dans les musées d’Athènes comme dans les vieilles rues de Monastiraki, à Pylos et dans le Magne laconien, dans l’ile de Kéa, pour admirer” l’archaïos léôn”, et jusqu’en Crète, et au fond de la Crète, dans une bourgade reculée du Lassithi. Nous garderons longtemps l’image de cette taverne,  où tu as retrouvé une de tes anciennes élèves de la khâgne du Lycée Pothier, tellement conquise-grâce à toi- par la langue d’Homère qu’elle s’était éprise d’un jeune Hellène au profil minoen. Ce fut un moment très émouvant…


Au-delà de cette culture classique qui nous a été inculquée par nos vieux maîtres lors de nos classes d’“humanités” , comme on le disait du temps d’Anatole France, nous avons eu tous les deux un lien profond avec ce qu’on appelle le terroir, c’est-à-dire le paysage, le sol, les produits du sol. Et, sans parler de la vieille alliance entre le Duché de Bourgogne et la Comté (devenue Franche), nous allons trouver des éléments qui nous rapprochent. Mon terroir, c’est la “Côte”— sans épithète, une longue colline vineuse qui s’étire de Dijon à Cluny, et, en son milieu, un finage limité à quelques noms évocateurs. Pour toi, Daniel, le terroir, c’est la Côte du Jura, le Revermont, qui suit à peu près une ligne nord/sud allant de Dôle à Bourg-en-Bresse. Et au milieu de ce Revermont, c’est-à-dire le Revers du Mont, il y a ton village éponyme, joliment situé entre Coligny et Treffort, deux bourgades aux clochers jurassiens en forme de dômes, avec de belles fontaines et quelques vieilles maisons vigneronnes cossues. Le vignoble a disparu depuis longtemps et, pour le retrouver, il faut remonter vers le nord, sur Voiteur et surtout Château-Chalon accroché à sa falaise. J’en parle, mon cher Daniel, parce que c’est un peu le symbole du Jura et surtout parce que tu m’as fait apprécier son vin. Car tu l’aimais comme tu aimais la vie et en ce moment si rempli de gravité et de tristesse, je voudrais que tout le monde garde le souvenir d’un homme vivant, plein de sensibilité, de gaieté et de ferveur.


Aussi je souhaite m’arrêter sur une dernière image, dans un tout autre lieu, que tu aimais également , sous un climat plus ensoleillé : je veux parler de ta thébaïde sur les hauts plateaux du Var, dans un paysage digne des romans de Giono. Nous marchions sur un sentier le long des champs de lavandes , vers le Prieuré de Valmogne et nous parlions… peut-être de Giono justement. Tout ce que je sais, c’est qu’il me reste de ce moment une impression de douceur, de plénitude et en un mot de bonheur. Et ce petit instant intemporel de bonheur, c’est à l’amitié qu’on le doit…


Cher camarade, je pense que tu n’aimerais pas trop les effusions lyriques. Mais, comme je l’avais affirmé il y a bien longtemps : 
“Daniel, tu es encore très présent parmi nous.”


André LINGOIS

.

dimanche 27 janvier 2013

Le jubilé d'André Lingois


C’est le 15 janvier 1963 qu’ANDRÉ LINGOIS, tout jeune secrétaire, rédigeait son premier compte-rendu de conférence « Budé ». Cinquante ans ont passé et André est toujours une pièce maîtresse de notre Section orléanaise, officiant  de sa plume alerte à chaque séance. Cette performance, difficile à égaler, méritait d’être célébrée de manière solennelle dans la salle du Musée des Beaux-Arts, théâtre habituel de nos conférences, au milieu de ses nombreux amis.

Le Président Malissard lit d’abord une lettre de Jean-Louis Ferrary, Président national de notre Association, où celui-ci rend hommage à André Lingois en tant que secrétaire de la Section mais aussi comme professeur de latin, défenseur des langues anciennes, depuis 24 ans à l’UTL.

Nicole Laval-Turpin nous propose, en vers, un éloge délicieux de notre secrétaire quasiment perpétuel.

Notre Président reprend la parole pour retracer la « carrière » de notre Secrétaire qui a en même temps été trésorier pendant 2 ans (1963-1965). Il a rédigé 252 comptes-rendus, ce qui fait plus de 300 pages, aujourd’hui lisibles dans le monde entier grâce à Internet. Entré en fonction pendant la crise interne de 1961-1963, il a donné un nouvel élan à notre Section dont il est et a été un symbole de la vitalité sous 3 présidents, 4 vice-présidents, accompagné de 8 trésoriers et de 3 secrétaires-adjoints. Tour à tour conférencier lui-même, lecteur lors des séances collectives sur certains auteurs, animateur des sorties littéraires, porte-parole de la Bourgogne dont il est le chantre des vins, il étonne par sa ténacité, son activité inlassable et par sa capacité d’enthousiasme pour des écrivains oubliés. De surcroît, il est populaire à l’ATAO, à l’ACORFI et à l’UTL, associations amies auxquelles il consacre beaucoup de temps avec toujours autant de passion, soutenu par son épouse Françoise.

Dans sa réponse, André détaille ses souvenirs avec sa verve habituelle teintée d’humour et aussi son sens de l’amitié, faisant une large place à ceux qu’il a côtoyé à Budé comme Georges Dalgues, à la langue savoureuse pour conter les sorties littéraires, ou comme Lionel Marmin, président de haute stature morale, disparu en 2010. Il rappelle certains temps forts comme la rencontre émouvante, en sa maison des Vernelles, de Maurice Genevoix qui s’était prêté avec courtoisie aux questions des « Budistes ». La réception comme conférenciers de Régine Pernoud, Jacqueline de Romilly ou de Pierre-Aimé Touchard lui reste aussi en mémoire.

En 1989, l’arrivée du nouveau Président, Alain Malissard, donne un coup de jeune à la Section, en élargissant ses activités tout en restant fidèle à l’esprit initial. Jacques Lacarrière, Jean–Yves Empereur, Olivier Py, Elisabeth Badinter, Max Gallo, Michel Tournier, Michel Déon et bien d’autres se succèdent alors pour parler de littérature, de théâtre, d’archéologie ou d’histoire. Budé se lance dans de grands voyages à la découverte des sites antiques les plus célèbres, de l’Italie et l’Espagne à la Syrie et à la Jordanie, Petra restant le souvenir le plus marquant de ces périples.

« Salut à Guillaume ! » conclut-il en guise de remerciement envers celui qui a enrichi sa vie.


La salle, où il ne compte que des amis, applaudit chaleureusement André Lingois pour ce qu’il est et pour tout ce qu’il a apporté au milieu culturel orléanais en cinquante années d’activité et de partage.

Les amis d'André réunis autour de lui ont vécu un grand moment d'émotion plein de sourires et d'amitié.

Gérard Lauvergeon, secrétaire – adjoint.





André Lingois prononça plusieurs conférences :





Il a aussi participé à des conférences à plusieurs voix, avec Jean NIVET et des membres du Bureau :




Vous pouvez retrouver l'ensemble des comptes rendus des conférences données pour notre association sur notre site.

jeudi 24 mars 2011

Alain L'HOMER nous a quittés

.
"Alain L'Homer était un ingénieur géologue qui a travaillé au BRGM, spécialiste du quaternaire, c'est-à-dire des dépôts les plus récents (alluvions, deltas, baies maritimes). Il a ainsi élaboré les cartes géologiques de la Camargue et de la baie du Mont-Saint-Michel au bord de laquelle il était né. Il avait pour son pays natal un amour très fort qui lui a fait porter un regard attentif et critique sur les projets concernant le Mont. Au sein de l'association de défense où il militait, il avait réussi à faire prendre en compte les changements que son expérience scientifique lui dictait. D'autre part, il menait des actions de mémoire sur d'anciennes activités de la baie. 

Adhérent à Budé, il avait participé au voyage en Angleterre en 2006 et dans le car il avait expliqué toute la genèse et les conditions géologiques du creusement du tunnel sous la Manche. C'était un homme de grande qualité, courtois et distingué."

Gérard LAUVERGEON

Les obsèques d'Alain L'HOMER, décédé mardi dernier, auront lieu lundi 28 mars, à 10 heures à l'église Saint Marc d'Orléans. 

Alain, dans le car du voyage de 2006 en Angleterre, 
parlant du tunnel sous la Manche.
[cliquez sur les photos pour les agrandir]
.

jeudi 13 janvier 2011

Hommages

 .
Gustave CORNET et Anne-Marie BANQUELS DE MARQUE nous ont quittés en 2010. Ces deux figures historiques, membres de longue date de notre association, appartenaient aussi à l’Académie d’Orléans. C’est devant cette assemblée que Gérard LAUVERGEON, secrétaire de l'association Guillaume-Budé d'Orléans, leur a rendu hommage.

Vous pouvez prendre connaissance de ces deux hommages en cliquant sur les liens suivants :

.

mardi 21 décembre 2010

Jacqueline de Romilly et l’association Guillaume-Budé

.
Le décès de Jacqueline de Romilly, le 18 décembre, a donné à la presse l’occasion de revenir abondamment sur la carrière de la grande helléniste et sur son engagement pour la défense des langues anciennes. Nous voudrions ici simplement rappeler les rapports qu’elle a entretenus avec l’association Guillaume-Budé et sa section locale orléanaise.

En 1930, le Républicain orléanais et du Centre annonçait, sous le titre "Encore une victoire féministe", le succès au concours général de Mlle Jacqueline David, 17 ans, élève du lycée Molière à Paris : premier prix de version latine et deuxième prix de version grecque. Son succès à l’agrégation, six années plus tard, amena la jeune femme à enseigner dans des lycées de Tournon, Montpellier et Bordeaux.

C’est à l’association Guillaume-Budé de Bordeaux que Mlle David rencontra Michel Worms de Romilly, qu’elle épousa au printemps 1940.

Quelques années plus tard, elle entra au Conseil d’administration de l’Association et, en mars 1960, lors de l’Assemblée générale, elle fit une communication sur Les mythes antiques dans la littérature contemporaine.

En 1966, répondant à une invitation amicale de Jacques Boudet, elle fut reçue par notre Association orléanaise où elle fit une conférence sur le thème Age d’or et progrès à l’époque classique en Grèce.

En 1975, année où elle est devenue vice-présidente de l’Association, elle revint à Orléans pour féliciter la section orléanaise qui fêtait alors ses vingt années d’existence et pour parler de La tragédie grecque miroir de la Cité.

En janvier 1977, alors que l’association Guillaume-Budé nationale était associée à la commémoration, en Sorbonne, des débuts de l'enseignement du grec à Paris par Georges Hermonyme de Sparte, elle fit un bilan de Cinq siècles d'hellénisme en France et termina son intervention en lançant un appel en faveur de l'enseignement du grec.

En 1981, elle succéda à Fernand Robert comme présidente de l’Association. A ce titre, elle prononça un "in memoriam" lors du décès de Robert Flacelière, puis, à l’Assemblée générale de 1982, elle fit un exposé sur L'amitié de Giraudoux avec l'hellénisme.

Elle démissionna de la présidence fin 1983, afin, dit-elle alors, de ne pas "compromettre" l’association Guillaume-Budé alors qu’elle se disposait à publier un ouvrage très engagé sous le titre L’Enseignement en détresse.

En 1984, toujours à l’Assemblée générale de Guillaume-Budé, alors qu’elle venait d’illustrer par des extraits musicaux une étude sur La tragédie de Sophocle Hercules et le drame musical de Händel, elle profita de cette occasion pour revenir sur ses inquiétudes quant à l’avenir du grec dans notre enseignement : "Sans le grec en arrière plan, on vit toujours plus ou moins dans un monde à plat, auquel manque cette merveilleuse dimension du temps, où les oeuvres revivent, évoluent et prolifèrent de façon quasiment continue — jusqu'à présent du moins. En ces quatre mots de réserve, j'enferme nos craintes, nos espoirs, et la tâche même que notre Association entend assumer de toutes ses forces."

Dans les années qui suivirent, le bulletin de l’Association publia le texte de trois conférences données par Jacqueline de Romilly :
  — en 1986, une conférence qu’elle avait donnée aux Amis de l'Université de Paris-Sorbonne sur L'humanité d'Homère et les humanités.
  — en 1987, une conférence donnée devant la section d'Aix-en-Provence : Le conquérant et la belle captive.
  — en 1992, une conférence donnée au Palais de la Musique d'Athènes sur L'hésitation et le regret dans les tragédies antiques relatives à Electre.

Enfin, en 1993, Mme de Romilly prit contact avec l’association Guillaume-Budé d’Orléans pour attirer son attention sur une association qu’elle venait de fonder sous l'appellation de "Sauvegarde des enseignements littéraires".

L’influence de Jacqueline de Romilly s’est étendue bien au-delà de nos frontières. L’écrivain grec Vassilis Alexakis, que l’association orléanaise avait reçu en 1997, vient de lui rendre hommage en rappelant que son influence dans la Grèce d’aujourd’hui a été considérable et en suggérant qu’une rue d’Athènes porte son nom.

Pour son combat en faveur des études classiques, pour les leçons de rigueur et d’honnêteté intellectuelle qu’elle a données à ses élèves et à ses lecteurs, pour sa riche personnalité qu’elle a révélée au public dans plusieurs ouvrages plus personnels, Jacqueline de Romilly a été un bel exemple de cet humanisme moderne que l’association Guillaume-Budé essaie de sauvegarder et de promouvoir.

* * *
.

samedi 2 octobre 2010

Hommage à Pierre Ségelle

.
Nous avons assisté ce matin, salle des Chats Ferrés, à un Hommage des Orléanais à Pierre Ségelle.


Beau moment d'histoire, placé sous la présidence d'honneur de Maurice Rebillon, président de l'amicale du Loiret des anciens déportés internés et familles. Nous avons pris connaissance de la vie de ce médecin qui devint résistant, puis fut déporté (période évoquée par Michel Lesseur, président d'honneur du Cercle Jean Zay). À la libération, il a été élu député et le resta durant toute la IVe République (Gérard Lauvergeon, historien, secrétaire de Guillaume Budé Orléans examina les activités du député), puis nommé deux fois ministre pendant cette période — peu de temps, il est vrai : 39 + 101 jours — (moment retracé par Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret) enfin il devint maire d'Orléans de 1954 à 1959 (Serge Grouard, Maire d'Orléans, nous rappela ce mandat). Jean-Pierre Percelin conclut cet hommage en lisant un message de Louis Garnier, président d'honneur de l'amicale des anciens déportés de Dora - Ellrich (camps que connut Pierre Ségelle).

Après ces communications, une gerbe fut déposée devant la plaque placée en mémoire de Pierre Ségelle devant le bâtiment de la sécurité sociale, place de Gaulle.

Vous pouvez télécharger l'enregistrement sonore de cet "Hommage à Pierre Ségelle".
.