mardi 18 décembre 2012

Vingt ans de partenariat entre Guillaume-Budé et le CDN

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L’association orléanaise Guillaume-Budé a toujours considéré le théâtre comme un élément essentiel de la vie culturelle. C'est pourquoi elle est, depuis vingt ans, un partenaire actif du CDN-Orléans/Loiret/Centre.

En mai 1994 nous avons demandé à Stéphane Braunchweig, dont nous avions apprécié les mises en scène de La Cerisaie et du Conte d'hiver, de venir présenter son Docteur Faustus, une intéressante actualisation du vieux mythe de Faust à partir de textes de Thomas Mann, de Marlowe, de Goethe et même de Baudelaire.

En février 2004 Olivier Py, qui venait de passionner les Orléanais avec sa mise en scène très personnelle du Soulier de Satin, a accepté de participer, en compagnie du père Rath et du philosophe Bertrand Vergely à un débat que nous avions organisé. La question, qui portait sur le retour des mythes et sur le théâtre moderne en général, a suscité chez le public des réactions très diverses et particulièrement spontanées. 

En cette même année 2004, notre association fêtait son cinquantième anniversaire. Ce sont trois comédiens du CDN, Benoît Guibert, Christophe Maltot et Thomas Matalou, qui ont mis en scène, pour elle, une lecture d’extraits de l’historien latin Tacite. Présentée dans la salle Antoine-Vitez, cette lecture a fait revivre de façon saisissante et très moderne quelques épisodes dramatiques de l’histoire de la Rome impériale.  



En octobre 2009, alors qu’Arthur Nauzyciel proposait une mise en scène originale du Julius Caesar de Shakespeare, nous avons fait appel à trois conférenciers (Gérard Hocmard, Paul M. Martin et Claude Aziza) pour offrir au public orléanais un ensemble de points de vue cohérent "autour de Jules César". Quelques jours avant la première, Arthur Nauzyciel a lui-même expliqué ses intentions et ses choix au cours d’une rencontre "à propos du Julius Caesar de Shakespeare" organisée dans la salle Pierre-Aimé-Touchard devant les décors de la pièce.

Dans le même esprit, lorsque, en septembre 2011, Arthur Nauzyciel a mis sur le théâtre le Jan Karski de Yannick Haenel, notre président Alain Malissard a pu élargir la réflexion sur le rapport entre vérité historique et fiction en l'appliquant à un exemple tiré de l’histoire romaine, l’assassinat d’Agrippine, dont les circonstances ne sont connues que par le récit très "littéraire" qu’en a donné Tacite.

Le partenariat entre "Guillaume-Budé" et le CDN a pris une forme plus concrète dans la saison 2012-2013, puisque les membres de l’association ont pu acquérir une "Carte-pass-Budé-CDN" leur donnant accès à plusieurs activités : une représentation de La Mouette de Tchékhov dans la mise en scène d’Arthur Nauziciel, représentation qui a été précédée d’une évocation par Dominique Rémond du travail effectué sur cette même pièce en 1984 par Antoine Vitez ; une lecture par Ariane Ascaride, Marie-Sophie Ferdane et Adèle Haenel de textes de Vitez, Barrault et Touchard sur le théâtre ; une représentation de Six personnages en quête d’auteur de Pirandello dans une mise en scène de Stéphane Braunchweig ; une représentation du George Dandin de Molière, précédée, à l’initiative de l’association Guillaume-Budé, d’une conférence de Patrick Dandrey, professeur à la Sorbonne, sur cette "comédie grinçante".

Tout cela ne fait que renforcer la communauté d’intérêt et les liens d'amitié entre l'association orléanaise Guillaume-Budé et le CDN d'Orléans.
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vendredi 30 novembre 2012

Colette et Anna de Noailles, rivales et amies

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Le mardi 13 novembre, nous avons accueilli avec un grand plaisir Nicole LAVAL-TURPIN, professeur agrégé de lettres classiques au Lycée Pothier venue parler de :

COLETTE et ANNA DE NOAILLES, RIVALES ET AMIES

Dans sa présentation, Jean Nivet, après avoir rappelé le succès de la  conférence que Mme Laval-Turpin avait faite il y a déjà une dizaine d’années à propos d’une autre amie de Colette, Hélène Picard, elle aussi poétesse — qui vécut dans son ombre et fut vite oubliée — a mis l’accent sur l’étrangeté apparente de l’amitié entre la paysanne de Saint-Sauveur en Puisaye et l’aristocrate roumaine, née Princesse Bibesco de Brancovan.

Nicole Laval-Turpin a d’emblée laissé entendre qu’“évoquer ensemble ces deux auteurs pouvait relever du cliché, tant elles ont été portées au sommet d’une littérature dite féminine, chacune ayant son domaine et sa singularité”. Elle a cherché la meilleure façon d’approcher ces deux destins, liés autant par leurs affinités que par leur rivalité, “l’écriture de l’une aidant à construire l’image de l’autre”, en s’appuyant sur leurs échanges épistolaires aussi bien que sur les témoignages de leurs contemporains. Et dans un premier temps, elle retrace leurs “chemins de vie” : bien qu’elles soient contemporaines, si Anna de Noailles devient célèbre dès 1901 avec  Le cœur innombrable, à cette date, Colette n’a pas encore signé seule ses Claudine de son nom de plume, et elle devra encore attendre les années vingt pour connaître la notoriété littéraire. Leurs relations sont au départ des rencontres mondaines, mais peu à peu, un dialogue amical va s’instaurer entre la “Vagabonde” qui s’avoue “libre en paroles, tutoyeuse et peu prompte à se lier”, et la Comtesse qui accueille le Tout Paris dans son salon de l’avenue Hoche, en même temps qu’elle reçoit des honneurs officiels (par exemple elle entre en 1921 à l’Académie royale de langue et de littérature  françaises de Belgique). Cette consécration ne gênera en rien son amitié pour Colette ni même son admiration qu’elle manifestera lors de la parution du Blé en herbe qui avait choqué les premiers lecteurs, puis plus tard  à propos de Sido. qu’elle qualifie d’“éblouissante”. Colette, de son côté, lui adressera des billets, véritables témoignages d’affection.

À partir de 1930, leurs deux destins vont suivre des directions opposées : Anna de Noailles, déjà très affaiblie, s’enferme dans sa chambre capitonnée de liège, en quête d’une gloire orgueilleuse, pressentant peut-être le déclin de sa poésie jugée trop esthétisante, tandis que Colette, débordante de vitalité, s’ouvre aux réalités du monde, publie des œuvres aussi variées que Prisons et Paradis et La Chatte, reçoit des récompenses, et va même, deux ans après la mort de son amie, occuper son fauteuil à cette Académie de Belgique…

Nicole Laval-Turpin a ensuite abordé ce qu’elle appelle les “chemins d’écriture“ de nos deux “rivales amies” : elles ont bâti des domaines distincts, même s’il existe “tout un champ de coïncidences et de proximités”. Pour elles, le statut de femme est essentiel dans cette époque nouvelle (et Anna de Noailles y tient un rôle emblématique). Un sentiment païen de la nature  permet aussi de les rapprocher, mais leurs registres restent exclusifs. La poétesse, bien qu’ elle ait écrit des romans et des nouvelles, revendique  la supériorité de la poésie. Colette, mal à l’aise devant “un langage où l’on ne peut tout dire”, s’attache à  travailler sa prose, jusqu’au miracle de la phrase parfaite.

La dernière partie de la conférence a abordé le problème délicat de l’influence des origines sociales. Opposer l’aristocrate à la roturière est certes juste, mais un peu réducteur ; la différence essentielle réside dans l’attitude vis-à-vis de la gloire : celle-ci obsède — autant que la mort — l’auteur de L’Ombre des Jours,  en même temps qu’elle fonde sa conception de l’existence ; à l’opposé, la fille de Sido aime la vie bien avant la gloire. On peut continuer la comparaison à propos du prestige — Anna de Noailles recherche les honneurs, Colette les reçoit  à son tour, se contentant d’être la “seconde” — et aussi de l’image de soi : la “sauvageonne” cultive sa rudesse provinciale en se complaisant dans ce rôle ; Anna de Noailles se met en scène dans une savante sophistication, jouant la princesse orientale, “avec les accessoires de son numéro”, comme le dira Cocteau non sans rosserie. Pour elles, le corps tient une place essentielle : en face d’une Colette “reine des appétits, rabelaisienne avec ses collations roboratives et ses recettes de terroir”, Anna, née Brancoveanu, apparaît “dolente, dans sa languide anorexie”. Le contraste entre noblesse et roture  se trouve exprimé dans un rapport d’homologie entre la production littéraire et la position socialement repérable des deux femmes. C’est particulièrement vrai pour Colette qui revendique un public spécifique et se réclame de valeurs quasi terriennes comme l’attachement au travail et la vertu du quotidien, ainsi qu’en témoigne son Discours de réception à l’Académie Royale de Belgique, un devoir imposé où elle a dû vaincre sa “résistance à la respectabilité”.

Colette survivra 18 ans à sa “rivale/amie” ; elle qui avait souffert de son passé de saltimbanque croulera sous les honneurs et accumulera les gros tirages. Le temps aussi fera son ouvrage : la poésie  d’Anna de Noailles paraîtra assez vite un peu surannée (bien qu’actuellement un cercle réhabilite sa mémoire) alors que Colette est devenue non seulement un auteur classique, sujet inépuisable de thèses, mais aussi un auteur populaire, car la majorité des lecteurs s‘est reconnue dans la “grande Dame des Lettres”, toujours fidèle à la petite écolière  de Saint Sauveur en Puisaye.

Nous aurions écouté des heures durant Nicole Laval -Turpin, qui a ajouté en P.S. que la maison natale de l’écrivain a été rachetée grâce à une souscription faite d’une multitude de dons modestes.


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jeudi 22 novembre 2012

Le président de l'association nationale Guillaume-Budé sur France Culture

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Dimanche prochain — 25 novembre — sur France Culture, à 14 h 30, l'émission "Secret professionnel" de Charles Dantzig portera sur : 




Dantzig reçoit, pour en parler, le directeur actuel de la série latine, Jean-Louis Ferrary qui est aussi le président de l'association nationale Guillaume-Budé.



Voici le texte de présentation de cette émission qui dure 30 minutes :

« C'est 14. La guerre de 14. Un homme est mobilisé. Cet homme, c’est un intellectuel, un rêveur, un philologue. Dans son paquetage, il décide d’emporter une grande œuvre de la littérature qui l’aidera à traverser le mur de brutalité qu’est la guerre. Il choisit l’Iliade. Et Joseph Vendryès, puisque c’est son nom, ne trouve d’édition décente que dans une maison d’édition allemande. L’édition française de livres de l’Antiquité avait beaucoup dégénéré depuis le XIXe siècle. Il se promet de remédier à cette lacune dès que la guerre sera finie. Ce qui sera fait, grâce à la générosité de quelques chefs d'entreprise. C’est ainsi que trois choses naîtront, entre 1917 et 1920, l'association Guillaume Budé, la maison d’édition Les Belles Lettres et la collection Budé, devenue l'une des plus prestigieuses collections de classiques grecs et latin du monde. Tous ceux qui ont fait du latin et du grec durant leurs études ont eu entre les mains ces célèbres volumes. Ceux de la série grecque, qui sont de couleur jaune et à l’insigne de la chouette de la déesse Athéna, et ceux de la série latine, de couleur rose et à l’insigne de la louve romaine, imprimés sur un Vélin crème de Guyenne 80gr spécialement fabriqué pour la collection. Je reçois pour en parler le directeur actuel de la série latine, Jean-Louis Ferrary. »

Charles Dantzig
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Rappel de la page 3 du Budéscope n°7 (XII/2012)
[Cliquez sur le texte ci-dessous pour l'agrandir] 

mardi 20 novembre 2012

Les Romains et la mer

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Alain Malissard, président de notre association vient de publier : Les Romains et la mer aux éditions Les Belles Lettres. Il présentera et signera ce livre à la Librairie Les Temps Modernes, jeudi 29 novembre 2012 à partir de 18 heures (au premier étage de la librairie, entrée gratuite et en accès libre dans la limite des places disponibles).

Alain Malissard est professeur émérite de latin et de civilisation romaine à l'université d'Orléans. En 1994, il a publié dans la même collection Les Romains et l’eau.


"En 269 avant Jésus-Christ, les Romains ne craignent pas de s'embarquer sur des bateaux, qu'ils ne savent ni commander, ni manœuvrer, pour attaquer la puissance maritime des Carthaginois. Devenus les maîtres de la Méditerranée, ils la débarrassèrent des pirates et y fondent même leur Empire, quand Octave met en fuite les navires d'Antoine et de Cléopâtre.

Ils savent installer des chantiers navals, rénover les ports, entretenir une flotte militaire, favoriser l'essor de la pêche et des compagnies de navigation, développer jusqu'en Inde, en Chine et en Atlantique leurs grandes lignes maritimes.

Pourtant terriens dans l'âme, ils cuisinent avec raffinement les poissons de mer, consommèrent les huîtres avec passion, raffolent des perles et de la pourpre nées des coquillages ; ils découvrent les plaisirs de la plaisance, les charmes de la plage et les bienfaits d'une certaine thalassothérapie.

Les plus riches se font construire de magnifiques résidences en bord de mer, les plus savants réfléchissent aux questions que soulèvent les marées de l'Atlantique; les poètes, les philosophes et les orateurs reprennent les thèmes du pirate, du pilote, de la tempête ou du voyage en mer" (4e de couv.).

Alain Malissard a donné, pour notre association, les conférences suivantes :
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lundi 19 novembre 2012

Sortie du Quarto/Max Jacob

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Patricia Sustrac me prie de vous informer de l'événement suivant :

Jeudi 22 novembre à 18 h 30
Médiathèque d'Orléans
Auditorium Marcel-Reggui

En partenariat avec la Médiathèque d'Orléans
vous invite à la conférence de présentation du

Quarto/Max Jacob

par Antonio Rodriguez, éditeur de l'ouvrage
et Patricia Sustrac, coauteur de la section Vie et Oeuvre

Jeudi 8 mars 2008, Antonio Rodriguez nous a présenté, Max Jacob et le poème en prose baudelairien.

Plus de précisions sur le livre Max Jacob, Œuvres, Collection Quarto, Gallimard… et aussi sur France Culture.
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samedi 17 novembre 2012

Deux Colloques : Le Forum des Droits de l'Homme et Paroles d'en Haut

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Notre amie Émilia NDIAYE me demande de vous informer de la tenue de deux colloques qui dépendent de la Faculté de Lettres d'Orléans.


Dans le cadre du 10e Forum des Droits de l'Homme d'Orléans (octobre - décembre 2012) que Pierre Rosanvallon du Collège de France a inauguré le 7 novembre, 14 rencontres sont proposées jusqu'au 7 décembre prochain, dans toute notre agglomération. En particulier, à la faculté des Lettres se tiendra un colloque, samedi 24 novembre, avec trois tables rondes : 
  • I : La démocratie : concept et histoire, origines antiques, repères historiques et dimension philosophique.
  • II : Qu’est-ce qu’un État démocratique ? 
  • III : La démocratie dans son fonctionnement.


Les 6 et 7 décembre 2012, Paroles d'en-haut, colloque international organisé par les laboratoires IRAMAT et Polen de l'université d'Orléans. Attention, seule la journée du jeudi 6 décembre aura lieu à Orléans, le lendemain ce sera au Sénat.

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mercredi 14 novembre 2012

Colloque : Péguy et ses correspondants

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Samedi 24 novembre, au Centre Charles Péguy (11, rue du Tabour, Orléans), aura lieu un colloque organisé par l'Amitié Charles Péguy avec le concours de l'Université (équipe de recherche Polen) et de la Ville d'Orléans : 


PÉGUY ET SES CORRESPONDANTS 


Dans les Cahiers de la quinzaine se lit le dialogue entretenu par Péguy avec ses contemporains. La correspondance privée, beaucoup moins étudiée, intègre des éléments qui, non destinés à la connaissance du grand public, restitue la spontanéité des échanges et en éclaire au plus près le contexte.


Matinée
Présidence : Claire Daudin, présidente de l'ACP

  • 9 h 30 : Géraldi Leroy, Péguy épistolier
  • 10 h : Pierre-Jean Dufief, La méthode d'édition des correspondances et ses évolutions
  • 10 h 30 : Pause et discussion
  • 11 h : Yves Avril, Péguy-Étienne Avenard
  • 11 h 30 : Denis Pernot, Péguy-Gustave Téry
  • 12 h : Discussion

Après-midi
Présidence : Bernard Ribémont, directeur de l'équipe Polen

  • 14 h 30 : Michel Drouin, Péguy–Michel Arnauld
  • 15h : Dominique Millet-Gérard, Péguy-André Suarès
  • 15 h 30 : Pause et discussion
  • 16 h : Bernard Duchatelet, Péguy–Romain Rolland
  • 16 h 30 : Marie-Brunette Spire, Péguy-André Spire
  • 17 h : Discussion

Inscription gratuite auprès du Centre Charles Péguy (02 38 53 20 23 ou centre-peguy@ville-orleans.fr)
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