mardi 20 novembre 2012

Les Romains et la mer

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Alain Malissard, président de notre association vient de publier : Les Romains et la mer aux éditions Les Belles Lettres. Il présentera et signera ce livre à la Librairie Les Temps Modernes, jeudi 29 novembre 2012 à partir de 18 heures (au premier étage de la librairie, entrée gratuite et en accès libre dans la limite des places disponibles).

Alain Malissard est professeur émérite de latin et de civilisation romaine à l'université d'Orléans. En 1994, il a publié dans la même collection Les Romains et l’eau.


"En 269 avant Jésus-Christ, les Romains ne craignent pas de s'embarquer sur des bateaux, qu'ils ne savent ni commander, ni manœuvrer, pour attaquer la puissance maritime des Carthaginois. Devenus les maîtres de la Méditerranée, ils la débarrassèrent des pirates et y fondent même leur Empire, quand Octave met en fuite les navires d'Antoine et de Cléopâtre.

Ils savent installer des chantiers navals, rénover les ports, entretenir une flotte militaire, favoriser l'essor de la pêche et des compagnies de navigation, développer jusqu'en Inde, en Chine et en Atlantique leurs grandes lignes maritimes.

Pourtant terriens dans l'âme, ils cuisinent avec raffinement les poissons de mer, consommèrent les huîtres avec passion, raffolent des perles et de la pourpre nées des coquillages ; ils découvrent les plaisirs de la plaisance, les charmes de la plage et les bienfaits d'une certaine thalassothérapie.

Les plus riches se font construire de magnifiques résidences en bord de mer, les plus savants réfléchissent aux questions que soulèvent les marées de l'Atlantique; les poètes, les philosophes et les orateurs reprennent les thèmes du pirate, du pilote, de la tempête ou du voyage en mer" (4e de couv.).

Alain Malissard a donné, pour notre association, les conférences suivantes :
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lundi 19 novembre 2012

Sortie du Quarto/Max Jacob

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Patricia Sustrac me prie de vous informer de l'événement suivant :

Jeudi 22 novembre à 18 h 30
Médiathèque d'Orléans
Auditorium Marcel-Reggui

En partenariat avec la Médiathèque d'Orléans
vous invite à la conférence de présentation du

Quarto/Max Jacob

par Antonio Rodriguez, éditeur de l'ouvrage
et Patricia Sustrac, coauteur de la section Vie et Oeuvre

Jeudi 8 mars 2008, Antonio Rodriguez nous a présenté, Max Jacob et le poème en prose baudelairien.

Plus de précisions sur le livre Max Jacob, Œuvres, Collection Quarto, Gallimard… et aussi sur France Culture.
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samedi 17 novembre 2012

Deux Colloques : Le Forum des Droits de l'Homme et Paroles d'en Haut

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Notre amie Émilia NDIAYE me demande de vous informer de la tenue de deux colloques qui dépendent de la Faculté de Lettres d'Orléans.


Dans le cadre du 10e Forum des Droits de l'Homme d'Orléans (octobre - décembre 2012) que Pierre Rosanvallon du Collège de France a inauguré le 7 novembre, 14 rencontres sont proposées jusqu'au 7 décembre prochain, dans toute notre agglomération. En particulier, à la faculté des Lettres se tiendra un colloque, samedi 24 novembre, avec trois tables rondes : 
  • I : La démocratie : concept et histoire, origines antiques, repères historiques et dimension philosophique.
  • II : Qu’est-ce qu’un État démocratique ? 
  • III : La démocratie dans son fonctionnement.


Les 6 et 7 décembre 2012, Paroles d'en-haut, colloque international organisé par les laboratoires IRAMAT et Polen de l'université d'Orléans. Attention, seule la journée du jeudi 6 décembre aura lieu à Orléans, le lendemain ce sera au Sénat.

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mercredi 14 novembre 2012

Colloque : Péguy et ses correspondants

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Samedi 24 novembre, au Centre Charles Péguy (11, rue du Tabour, Orléans), aura lieu un colloque organisé par l'Amitié Charles Péguy avec le concours de l'Université (équipe de recherche Polen) et de la Ville d'Orléans : 


PÉGUY ET SES CORRESPONDANTS 


Dans les Cahiers de la quinzaine se lit le dialogue entretenu par Péguy avec ses contemporains. La correspondance privée, beaucoup moins étudiée, intègre des éléments qui, non destinés à la connaissance du grand public, restitue la spontanéité des échanges et en éclaire au plus près le contexte.


Matinée
Présidence : Claire Daudin, présidente de l'ACP

  • 9 h 30 : Géraldi Leroy, Péguy épistolier
  • 10 h : Pierre-Jean Dufief, La méthode d'édition des correspondances et ses évolutions
  • 10 h 30 : Pause et discussion
  • 11 h : Yves Avril, Péguy-Étienne Avenard
  • 11 h 30 : Denis Pernot, Péguy-Gustave Téry
  • 12 h : Discussion

Après-midi
Présidence : Bernard Ribémont, directeur de l'équipe Polen

  • 14 h 30 : Michel Drouin, Péguy–Michel Arnauld
  • 15h : Dominique Millet-Gérard, Péguy-André Suarès
  • 15 h 30 : Pause et discussion
  • 16 h : Bernard Duchatelet, Péguy–Romain Rolland
  • 16 h 30 : Marie-Brunette Spire, Péguy-André Spire
  • 17 h : Discussion

Inscription gratuite auprès du Centre Charles Péguy (02 38 53 20 23 ou centre-peguy@ville-orleans.fr)
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lundi 12 novembre 2012

Jean Giraudoux et l’Antiquité

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Le jeudi 25 octobre la Section orléanaise de l’Association Guillaume Budé avait invité
Mauricette BERNE et Guy TEISSIER
pour parler de :
JEAN GIRAUDOUX ET L’ANTIQUITE

Mauricette BERNE, conservateur honoraire des Bibliothèques, spécialiste du fonds Giraudoux à la BNF est Présidente de la fondation Jean et Jean-Pierre Giraudoux ; Guy TEISSIER, professeur honoraire à l’Université Descartes de Tours a collaboré à l’édition des œuvres de Giraudoux dans la collection de la Pléiade ; de plus ils ont écrit ensemble un livre remarqué Les vies multiples de Jean Giraudoux paru en novembre 2010 aux éditions Grasset : pouvait-on trouver guides plus sûrs pour nous accompagner dans l’univers giralducien ?

Nous avons suivi dans un premier temps l’itinéraire du jeune  lycéen celui qui  a pour double le héros de Simon le Pathétique dont l’innutrition (pour reprendre le terme que Faguet appliquait à Du Bellay et à Ronsard) par la culture antique a commencé dès la classe de cinquième avec une composition française intitulée “le gladiateur mourant” ; un peu plus tard, en classe d’humanités, il écrit des variations sur Plutarque; en rhétorique, il s’exerce à imiter un dialogue de Platon. A sa sortie de la rue d’Ulm, il déclarera avec un peu d’exagération que l’Université ne lui avait appris que le pastiche.  En réalité, Giraudoux,  comme les grands musiciens, se plaît à multiplier les variations sur les œuvres majeures, à commencer par les récits homériques. Ainsi du Chant X de l’Odyssée, il ne retient qu’un personnage épisodique, effacé, couard, et qui, dans son ivresse, se tue en tombant de la terrasse du temple de Circé : c’est Elpénor, héros ou plutôt anti-héros du roman éponyme, dont la première rédaction date de 1919, version burlesque de l’épopée. Plus tard il l’enrichira, par exemple en inventant  de nouveaux épisodes, comme ce concours de poésie où Elpénor gagne contre Apollon, mais heureusement sans subir le destin tragique de Marsyas.

Giraudoux est alors parvenu à dépasser le jeu du pastiche et de la parodie ; il peut se mesurer aux grands mythes ; mais c’est au théâtre qu’il va les retrouver, et notamment grâce à sa rencontre avec Louis Jouvet en 1927, lequel va mettre en scène l’année suivante Siegfried et le Limousin. Un succès immédiat l’encourage dans cette voie, et, retrouvant son monde antique, il donne, entre 1929 et 1937, trois “grands classiques” ; d’abord une comédie  sur les amours de Jupiter et d’Alcmène, à la suite de Plaute, de Moliére, de Kleist et de 37 autres (paraît-il) : c’est Amphitryon 38. M. Berne et G. Teissier ont pris le soin de démonter le mécanisme subtil de cette fable “qui joue avec les identités” et de souligner les facettes différentes de cette pièce qui peut, comme au deuxième acte, friser le vaudeville, ou conduire le spectateur à une réflexion philosophique sur la liberté humaine. Le ton est encore plus grave dans La guerre de Troie n’aura pas lieu dont la première représentation a lieu le 22 novembre 1935, en pleine crise internationale, au milieu des rumeurs les plus alarmistes. L’auteur a pris ses personnages dans Homère, mais pour ainsi dire dans leur intimité, “avant qu’ils n’entrent dans la légende”, et, surtout, ils se sont enrichis de l’actualité : en face du belliciste Démokos / Déroulède, Hector est un combattant qui revient de la Guerre de 14. Et son Discours aux morts “est une Prière sur l’Acropole à la mesure de notre temps et de notre inquiétude”, selon le mot si pertinent de Colette. Il est hors de doute que Giraudoux a souhaité donner, à sa manière, un avertissement à ses contemporains. Dans sa troisième pièce “à l’antique” Electre, il entre directement en concurrence avec les tragiques grecs. Il va “épousseter le buste de l’héroïne et placer le mythe dans une lumière contemporaine en lui donnant la démarche d’une enquête policière, voire psychanalytique”. Il imagine des personnages, comme le Président et sa frivole épouse Agathe Théocatoclès, le chœur des trois Euménides, d’abord petites filles et qui grandissent de scène en scène, le Mendiant, spectateur et commentateur des événements, tandis qu’il emprunte la figure du Jardinier à Euripide ; en même temps il remodèle la psychologie des acteurs du drame antique. En quelque sorte Giraudoux a réinventé à sa manière la tragédie, même si certains critiques de l’époque lui ont reproché de prendre trop de libertés.


Mauricette Berne et Guy Teissier ont évoqué ensuite la “veine romaine” de l’auteur. En 1937, alors qu’il met en chantier l’impromptu de Paris, Giraudoux envoie à Jouvet le projet d’une pièce politique qui s’intitulerait Caïus ou Les Gracques, librement inspirée de Plutarque. Ce projet, qu’il reprend en 1939, restera cependant sans suite, mais dès 1942, entreprend une pièce sur l’histoire de Lucrèce et des Tarquins qui deviendra Pour Lucrèce, où il malmène la tradition, prenant le contre-pied du Viol de Lucrèce d’André Obey. C’est seulement en 1953 que cette œuvre de Giraudoux sera jouée grâce à J.-L. Barrault. Et toujours en pleine occupation, alors qu’il fait ses débuts de dialoguiste au cinéma, il écrit L’Apollon de Marsac vite rebaptisé en l’honneur de son pays natal, L’Apollon de Bellac : un lever de rideau plein de charme et d’imprévu qui n’est pas sans rappeler la verve et la fantaisie d’Intermezzo.

Disons pour conclure, en suivant nos guides attentifs, que Giraudoux, à partir de l’obscur Elpénor, a jalonné toute son œuvre théâtrale de personnages empruntés à l’histoire ou aux mythes antiques qu’il a remodelés, enrichis, en montrant leur complexité. Et surtout il a su leur insuffler ce qui manque trop souvent à la scène un langage poétique inimitable.
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lundi 15 octobre 2012

Quand les murs racontent : LES PAPIERS PEINTS DE JOSEPH DUFOUR et l’invention d’un genre décoratif



Le mardi 25 septembre a eu lieu la Séance de rentrée de la Section orléanaise de l’Association Guillaume-Budé et qui a débuté par le traditionnel propos de notre Président.

Alain MALISSARD a fait d’abord un rapide compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’Association qui a eu lieu à Paris au mois de juin dernier, ensuite le bilan de la saison passée, saison plutôt riche avec neuf conférences, dont six sur des sujets en rapport avec l’Antiquité, trois sorties théâtrales à Paris ( dont celle au Théâtre des Amandiers où une mise en scène  décapante  a revisité à la suite trois pièces de Sophocle: Les Trachiniennes, Antigone, Electre) et, au mois de juin dernier, la sortie littéraire de 3 jours dans le Bordelais avec “les 3 M”, Montaigne , Montesquieu et Mauriac, sortie qui a connu un franc succès. Après quoi il a brossé à grands traits le programme de la Saison 12/13 sous le signe de la diversité, où le théâtre sera encore largement représenté avec Giraudoux, Jean Vilar...et Molière, puisque, dans le cadre de notre partenariat avec le CDN, avant la représentation de Georges Dandin, Patrick Dandrey, professeur en Sorbonne, parlera du “Secret d’une comédie grinçante”.

Le sujet de la conférence qui a suivi : 
“Quand les murs racontent :
LES PAPIERS PEINTS DE JOSEPH DUFOUR
et l’invention d’un genre décoratif”
par Georgette PASTIAUX-THIRIAT  et Jean PASTIAUX
professeurs de Lettres
était pour le moins original, voire insolite, car on a peu l’habitude d’associer le nom d’un créateur aux revêtements de nos murs. Le papier peint- qui en réalité n’est jamais peint, mais imprimé à la planche a commencé à se répandre en Europe vers la fin du XVIIIe siècle, en même temps qu’ont progressé les techniques ainsi que le goût du bien-être, à l’époque des grands entrepreneurs comme J.H. Dollfus ou Oberkampf, pour ne citer que des noms célèbres. Or il y en a eu d’autres, sans doute plus modestes, et qui méritaient d’être réhabilités ;  c’est le cas de Joseph Dufour et s’il est aujourd’hui un peu mieux connu, c’est  grâce à G. et J. Pastiaux, qui s’intéressent à lui depuis 20 ans, ont créé un Centre de documentation et animé un Colloque en mai 2009 — avant de diriger un ouvrage collectif dans leur terre d’élection du Mâconnais : le village de Tramayes, chef-lieu d’un canton de Saône-et-Loire, non loin de Cluny et près du Saint-Point lamartinien.

G. Pastiaux retrace l’itinéraire de ce Louis-Joseph Dufour, né  en 1754 dans ce bourg agricole, fils d’un charpentier, orphelin de bonne heure, placé chez un oncle boulanger à Beaujeu, puis chez des officiers de justice — huissiers et greffiers où il fait son éducation “sur le tas” et, au moment de s’engager dans l’armée, a la chance d’entrer à l’Ecole royale de dessin de Lyon ;  ses dons artistiques vont sans doute se révéler dans  son futur métier de dessinateur en soieries. Mais au sortir de l’Ecole, en 1786, trois jeunes fils de famille fortunés lui proposent d’entrer dans une association en vue de fonder une  manufacture de  papiers peints, à l’instar de la mode anglaise. Ce projet a failli être ruiné par la Révolution, d’autant plus que J. Dufour, jacobin militant et franc maçon, a quelques ambitions politiques ; en effet en 93 il est commissaire, puis en 94 président de District à Lyon. Il échappera à l’épuration de 95, fort heureusement protégé par le député Jacques Reverchon, négociant en vins, qui lui proposera en 97 d’installer sa manufacture dans ses entrepôts de Mâcon, encouragé par le maire de l’époque, Jean-Adrien Bigonnet  soucieux de développer l’industrie et le commerce dans sa ville. Et, chance supplémentaire ! il épouse une jeune veuve, Joséphine Farge, fille de soyeux lyonnais qui lui apporte une jolie dot, ce qui lui permet de se lancer dans la réalisation des “tableaux-paysages” ou “panoramiques” qui feront sa notoriété.

En 1807 Joseph Dufour s’installe à Paris, au faubourg  Saint-Antoine, ”haut-lieu de la production artisanale et manufacturière de l’Ancien Régime”; le succès est immédiat et l’ascension rapide.  La Maison — devenue Dufour-Leroy en 1821   a acquis, à la mort de son fondateur, une renommée internationale ; elle exporte même au Nouveau-Monde.

De toute évidence, nous attendions des exemples et des illustrations ; ce fut l’objet de la dernière partie. Joseph Dufour  s’était rendu célèbre dès 1804 par le panoramique intitulé “Les Sauvages de la mer Pacifique” d’après un dessin de Jean-Gabriel Charvet inspiré par le troisième voyage du Capitaine Cook (que l’on peut voir au Musée des Ursulines à Mâcon) : une nature paradisiaque servant de décor à des créatures exotiques, heureuses et pacifiques... Les sujets antiques - chers au style Empire, comme Psyché et Cupidon (en réalité d’après un conte de La Fontaine avec des dessins de Gérard) constituent une autre veine; les grandes œuvres romanesques à succès ont  également inspiré Dufour qui avait des intentions esthétiques et morales affichées : Paul et Virginie, les Aventures de Télémaque et ce roman fleuve  de 1798 écrit par un  certain E. F. Lantier Les Voyages d’Anténor en Grèce et en Asie dont une scène de festin (faussement attribuée par Balzac au Télémaque) excitait la verve des convives de la Pension Vauquer.


Les Sauvages de la mer Pacifique

Une chose est sûre, c’est que le choix opéré par l’inventeur du panoramique reflétait le goût du public, et les œuvres littéraires évoquées faisaient partie de la culture de l’époque ; le papier peint pouvait sans conteste rivaliser avec les autres formes d’art. Et ce Joseph Dufour qui a été révélé grâce à la passion (et au talent) de Georgette et Jean Pastiaux restera un remarquable témoin de son temps ; de plus il a ouvert la voie à tout un style de décoration dont  nous reconnaissons encore aujourd’hui les qualités esthétiques.

samedi 29 septembre 2012

La Mouette de Tchekhov mise en scène par Arthur Nauzyciel



La représentation de "La Mouette" de Tchekhov, mise en scène par Arthur Nauzyciel, que nous avons vue grâce au "Pass Budé" a provoqué chez les Budistes, et aussi les autres spectateurs venus nombreux, des réactions diverses allant de la fuite discrète à l'entracte jusqu'à l'enthousiasme.
Pour essayer de mieux cerner le sens de la mise en scène d'Arthur Nauzyciel, deux sites me semblent apporter quelques éclaircissements :

Un entretien du metteur en scène avec Jean-François Perrier réalisé  peu avant la représentation : c'est ici. Il y expose sa conception du théâtre, sa façon de travailler avec les acteurs et ce qu'il a voulu mettre en valeur dans "La Mouette" présentée au festival d'Avignon.

Une courte vidéo avec le chorégraphe lors des répétitions : c'est là

Personnellement, je n'ai pas été convaincu par la mise en scène de Nauzyciel que j'ai trouvée grandiloquente à force de vouloir faire passer des messages sur la mission de  l'artiste et la nécessité d'un renouvellement des formes traditionnelles du théâtre, éléments retenus comme fondamentaux par le metteur en scène ainsi qu'il l'explique dans son interview. Ni les ballets, ni la musique auxquels Nauzyciel attache une importance extrême (recherche d'un spectacle global ?) ne m'ont paru apporter "un plus" à la pièce. Le ton déclamatoire et les déplacements des  acteurs m'ont semblé se faire aux dépens de l'expression des sentiments et de la psychologie des personnages.

Après toutes ces critiques, un point positif : la diction très claire et , au moins de ma place, parfaitement audible des acteurs, m'a permis de savourer la beauté de certains passages du texte.  

Pour conclure, je dois avouer que cette mise en scène qui bouscule quelque peu l'idée traditionnelle que j'avais du théâtre de Tchekhov, m'a conduit à approfondir cette oeuvre, dont je n'ai d'ailleurs qu'une connaissance très limitée. Rien que pour cette remise en question, je ne regrette pas cette soirée.

Le débat est ouvert.

Claude Alsac