mercredi 27 octobre 2010

L'Iliade - Textes fondateurs revisités

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Tout un monde" (tous les dimanches de 15 à 16 heures sur France Culture) présentera dimanche prochain (31/10) une émission intitulée L'Iliade. Deux invités seront présents : Jean-Pierre Siméon que nous avons accueilli le 8 février 2006 et Philippe Brunet, animateur avec François Cam de la Compagnie Démodocos.



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mercredi 20 octobre 2010

Approches récentes de Guillaume Budé (1468-1540)

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Une table ronde intitulée :
Approches récentes de Guillaume Budé 
(1468-1540)
Histoire, philologie et rhétorique de l'humanisme français

aura lieu lundi 8 novembre 2010 de 14 à 18 h 30
à l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes - IRHT

Avec la participation de :
  • Sylvie LE CLECH-CHARTON (Archives nationales de Fontainebleau et UMR Artéis),
  • Louise KATZ (EPHE – IVe section),
  • Olivier PEDEFLOUS (Fondation Thiers),
  • Mireille HUCHON (Univ. Paris-Sorbonne – Paris IV, sous réserve),
  • Laurent CANTAGREL (Univ. Humboldt, Berlin, sous réserve),
  • Luigi-Alberto SANCHI (IRHT),
  • Marie-Élisabeth BOUTROUE (IRHT).
40 avenue d’Iéna, Paris – Salle J. Vielliard
M° Iéna (ligne 9) ou arrêt Iéna des bus 32, 63 et 82
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jeudi 7 octobre 2010

Colloque "Artistes en correspondance"

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Un colloque
ARTISTES EN CORRESPONDANCE

se tiendra au Musée des Beaux-Arts d’Orléans
le jeudi 14 octobre et le vendredi 15 octobre 2010

Comité scientifique et d’organisation : 
  • Geneviève Haroche Bouzinac, professeur à l’Université d’Orléans, directrice de la Revue Epistolaire 
  • Isabelle Klinka-Ballesteros, conservateur en chef du Musée des Beaux-Arts d’Orléans
  • Sylvain Bellenger, conservateur en chef du Patrimoine.
Avec la participation de Jean-Loup Champion et de Bénédicte Obitz, dr de l'Université d'Orléans.

Programme
  • Jeudi 14 octobre à 10 heuresJean-Jacques Tatin-Gourier (Université de Tours), Pratiques artistiques et mises en scène de l'intimité dans les Lettres à Bettine de Vivant Denon • Sylvain Bellenger (conservateur en chef du Patrimoine), Interroger les correspondances en archives : les cas de Girodet et de Félicie de Fauveau • Mehdi Korchane (dr de l’Université de Paris-IV), Pierre Guérin et Pierre David : une correspondance élégiaque, de Rome au Levant (1804-1829) • Barthelemy Jobert (Université de Paris-IV), Delacroix écrivain : quelle place pour la correspondance ?  

  • Jeudi 14 octobre à 14 heures • Thierry Laugée (Centre André-Chastel, Paris-IV), Philippe Burty et ce qu'il ne fallait pas lire de la correspondance d'Eugène Delacroix • Laetitia Levantis (Université de Grenoble-II), Le goût pour l'architecture gothique à travers la correspondance d'Hubert Rohault de Fleury en Italie (1805) • Sylvie Crinquand (Université de Dijon), "Voir et être vu" : les lettres de John Constable à C. R. Leslie (1826-1837) • Marie-Hélène Rybicki (Université de Potsdam) “Ognuno ha i suoi segreti”. Les coulisses de la célébrité à travers la correspondance de Niccolò Paganini  

  • Vendredi 15 octobre à 10 heures • Véronique Mattiussi (Archives du Musée Rodin) Rodin dans ses écrits (“mes moyens naturels sont la terre et le crayon”) • Jean-Loup Champion (directeur de collection, éditions Gallimard) Le philosophe et le sculpteur : correspondance d'Alain et d'Henry de Waroquier, 1937-1938 • Brigitte Diaz (Université de Caen) La Lettre à l'œuvre, lettres d'Eugène Fromentin • Mathilde Assier (Universités Paris-Madrid, Dte)Federico de Madrazo et ses correspondants français : stratégies d'insertion et transferts culturels • Claire Maingon (Université de Rouen) Henri-Edmond Cross et Maurice Denis : une amitié épistolaire méconnue; regard croisé entre symbolisme et néo-impressionnisme 

  • Vendredi 15 octobre à 14 heures • Laura Gutman-Hanhivaara (Fondation finlandaise pour la Culture), Henry de Vallombreuse, l'ami parisien, 1887-1915 • Valérie Verhack (Musées royaux de Belgique) Jules Schmalzigaug (1882-1917), futuriste belge • Benoît Decron (Musée Soulages) Gaston Chaissac épistolier • Marc Decimo (Université d'Orléans) Marcel Duchamp : le refus pris à la lettre
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mardi 5 octobre 2010

Des humanistes modernes à Orléans - L'association Guillaume Budé

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Cette émission a été diffusée ce matin dans la cadre de la Fabrique de l’Histoire sur France Culture.

Pour l’écouter, c’est par là : depuis le site de la Fabrique de l’Histoire et pendant un (bon) mois ;

Si vous ne l'avez pas podcastée, vous pouvez la télécharger pour ensuite l’écouter à loisir… sur votre ordinateur (ou votre baladeur). Dans ce cas, c'est par ici. (une fois sur la page de Mediafire, cliquer sur "Click here to start download.."

Bonne écoute…
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Podcast - Diffusion pour baladeur - Balado-diffusion

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Ce mot est une contraction d'iPod (le baladeur vedette d'Apple) et de broadcast (diffusion ou émission, en anglais). C’est une technique qui permet de diffuser grâce à Internet des séquences audio ou vidéo, sous forme de fichiers numériques. Ceux-ci peuvent être téléchargés, puis écoutés ou visionnés, sur un ordinateur (ou baladeur numérique de type iPod).

Trois termes permettent d’exprimer le même concept :
  • Diffusion pour baladeur (terme officiel en France) ;
  • baladodiffusion (au Québec) ;
  • podcasting (en anglais).

Concrètement la balladodiffusion permet d’automatiser le téléchargement d’émissions sonores ou vidéo et d’écouter les émissions en différé

Pour écouter à votre guise une émission, il vous faut :
  • un équipement informatique (si vous lisez ce texte sur votre ordinateur grâce à Internet, vous possédez l’essentiel) ;
  • s’y s’abonner, c’est-à-dire trouver le podcast ;
  • la télécharger ;
  • l’écouter.

Pour s’abonner, il faut repérer le podcast désiré, prenons l’exemple qui actuellement nous intéresse : l’abonnement à “La Fabrique de l’Histoire”, émission de radio sur France Culture. (Vous pouvez aisément étendre cet exemple aux autres émissions autres radios)

Allons sur le site web de France Culture, cliquons sur Podcasts (sur le bandeau noir vers la droite), cliquons sur la lettre F, ce clic nous conduit à La Fabrique de l’Histoire, cliquons encore sur ce titre. Nous avons atteint notre but : la page où nous est proposé l’abonnement au podcast de cette émission. 

Vous voyez que cinq méthodes vous sont proposées, choisissez celle que vous préférez, elle vous sera expliquée après un clic sur l’icône choisie. Personnellement j’utilise depuis des années iTunes et je ne connais pas les autres qui doivent toutefois parfaitement fonctionner puisque Radio France nous les propose.

Si vous faites le même choix que moi, vous devrez, à un moment ou un autre, télécharger iTunes (sauf si vous avez un MacIntosh sur lequel il est toujours installé). Quand vous aurez cliqué sur l’icône de votre lecteur favori, le dernier podcast de l’émission se téléchargera tout seul, parfois on nous propose de télécharger des émissions antérieures (rarement sur France Culture). Puis, lorsqu'elle sera mise en ligne, la prochaine émission se téléchargera jusqu'à ce que vous vous désabonniez de ce podcast.

Il vous reste à l’écouter : sur iTunes, cliquez deux fois sur l’émission… et bonne écoute (que vous pouvez interrompre, reprendre, réécouter…). Vous pouvez aussi placer le fichier sur un baladeur, si vous en possédez un, et écouter l'émission (ou la musique) en vous baladant, c'est très tendance…

Pour aller plus loin :

Si ce texte ne répond pas à vos interrogations, vous pouvez poser des questions, soit en cliquant sur le lien «0 commentaire», ci-dessous, soit en écrivant sur notre liste de diffusion.
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lundi 4 octobre 2010

Séance de rentrée — Le voyage de Chateaubriand en Amérique

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Le jeudi 23 septembre a eu lieu la traditionnelle séance de rentrée qui a débuté par un hommage à l’une des grandes figures de notre section : Lionel MARMIN décédé le 12 août qui fut président pendant plus de 20 ans, de 1965 à 1989. Son successeur Alain MALISSARD, très ému, en présence de son épouse et devant une assistance recueillie, a évoqué sa personnalité et la place qu’il a tenue dans la ville d’Orléans. Arrivé d’Angers en 1956 pour assurer les fonctions de Secrétaire Général de la Mairie, Lionel MARMIN s’est impliqué aussitôt dans la vie culturelle de la cité, nouant de solides amitiés avec des hommes de valeur, comme Roger SECRETAIN, René BERTHELOT ou Jacques BOUDET. Succédant au Président-fondateur Germain MARTIN, il a fait connaître Budé au grand public, d’une part en appelant des conférenciers de renom, tels Pierre CLARAC, Fernand ROBERT, Pierre GRIMAL, Jacques LACARRIERE, le Recteur ANTOINE, Pierre-Aimé TOUCHARD ou Jacqueline DE ROMILLY, de l’autre en ouvrant l’éventail des sujets et des thèmes au profit d’un humanisme élargi. Sa grande curiosité, son éclectisme — et aussi le fait qu’il n’était pas un universitaire — ont permis à notre association de ne pas céder à l’élitisme, ni au conservatisme que l’on reproche parfois (et à tort ! ) aux défenseurs inconditionnels de la culture classique.

Alain Malissard a fait ensuite le bilan de la Saison écoulée : 9 conférences (la dernière étant “Rome et la Grèce vues pas Simone Weil” par Géraldi LEROY) un entretien sur la lecture (avec Alberto MANGUEL), une lecture animée (“L’Iliade et les femmes”) et la sortie littéraire de juin (Deux “déserts” en Yvelines Retz et Port-Royal, sous la conduite de Jean NIVET. La nouveauté a été “l’opération César” en collaboration avec le C.D.N., qui a permis aux budistes d’assister à la représentation du “Julius Caesar” de Shakespeare dans la mise en scène d’Arthur NAUZYCIEL.

Il faut signaler aussi quelques changements : le compte-rendu financier a été présenté sous la forme d’un tableau sur écran, travail de la nouvelle trésorière Élisabeth PORTHAULT, assistée de Madeleine SERRES chargée de la diffusion. À cette occasion, le Président a renouvelé ses remerciements à l’ancienne équipe : Pierrette MADÈRE et Pierre NAVIER — ce dernier ayant cumulé pendant plus de dix ans les fonctions de trésorier, d’archiviste et d’ingénieur du son.

Avant d’aborder la lecture du programme de la Saison 2010/11 (que les budistes découvriront, d’abord dans le nouveau bulletin dit “Budéscop”, et — pour les “branchés” de plus en plus nombreux  — sur la toile, dont le site local a été tout récemment rénové par notre précieux maître-toilier Claude VIVIANI), avec une certaine émotion, partagée avec tristesse par l’assistance, Alain Malissard a annoncé que le récent voyage aux États-Unis, le vingtième, était aussi le dernier… Une bonne nouvelle pour finir : notre section sera à l’honneur. France Culture, pour son émission “la fabrique de l’histoire” (d’Emmanuel Laurentin) dans le cadre de la Semaine sur la Culture classique, est venue interviewer le Bureau sur les activités de notre association locale (que l’on pourra écouter le mardi 5 octobre à 9 h 05…)
En écho à la conférence d’octobre dernier qui nous avait conduit vers une Amérique “à la romaine”, nous avons découvert en contrepoint la vision d’une Amérique antérieure, plus sauvage, plus exotique et sans doute plus poétique. Vision révélée par
Le voyage en Amérique de CHATEAUBRIAND
Notre guide a été
Marie-Hélène VIVIANI, professeur de Lettres honoraire
qui a souligné d’emblée l’importance de ce voyage, tout compte fait assez court, puisqu’il a lieu du 7 avril 1791 au 2 janvier 1792, mais qui a marqué toute son œuvre et dont le récit va constituer son “chant du Nouveau Monde”.

Dans un premier temps ont été analysées les raisons qui ont motivé ce voyage : la première est d’ordre politique. Après avoir eu quelque sympathie pour les idéaux de la Révolution, le jeune vicomte François-René est vite horrifié par les exactions de juillet 89 et songe immédiatement à l’exil. La seconde raison est d’ordre économique : obscur cadet de Bretagne sans fortune, avec sa maigre solde de sous-lieutenant et ses dettes de jeu, et en même temps fils de corsaire marqué par sa jeunesse malouine, il se sent attiré vers les pays neufs. Une rencontre sera décisive, celle avec M. de Malesherbes, l’ami de Rousseau et des Encyclopédistes qui lui parle de l’Amérique, lui fait lire Bernardin de Saint-Pierre et l’Abbé Raynal, l’encourage dans son “rêve américain” : celui de découvrir le passage du Nord-Ouest entre Atlantique et Pacifique et va même l’aider à préparer son itinéraire.

Le 8 avril 1791 Chateaubriand embarque de Saint Malo sur un brigantin de 160 tonneaux — la traversée ayant été payée par son frère Jean-Baptiste — en direction de Terre-Neuve, exactement à l’île de St Pierre qu’il atteint le 23 mai.

C’est alors que M.H Viviani aborde le second point — crucial et sujet à controverse : comment distinguer la fiction de la réalité dans le récit du Voyage en Amérique ? A-t-il réellement vu la terre américaine qu’il décrit? Question que posait déjà Raymond Lebègue en 1965… et qu’avaient dû déjà poser certains des lecteurs de 1830 parfois réservés sur la sincérité de l’auteur… Nous avons eu sous les yeux une carte de l’Amérique où trois itinéraires étaient indiqués : l’un certain, un autre probable, un troisième incertain. La vérité est que Chateaubriand relate ses pérégrinations 35 ans après, sans avoir tenu de journal, qu’il mêle à des souvenirs lointains des impressions subjectives et de nombreuses lectures des voyageurs qui l’ont précédé et qu’il a amplement compilées. S’il a a réellement partagé quelque temps la vie d’une tribu indienne, s’il a vu les chutes du Niagara, peut-être les rives de l’Ohio, en tout cas il n’a pas vu celles du Mississippi, ni la Louisiane. Mais il a bien ressenti la présence des “déserts américains, la nature vierge des forêts, des lacs, des fleuves et des savanes” — impressions majeures qui vont fournir “la matrice des œuvres inspirées par l’Amérique”.

M.H. Viviani a ensuite passé en revue les souvenirs recomposés de ce voyage initiatique ; on peut, entre autres, retenir la fameuse visite de Chateaubriand à Washington : a-t-elle eu réellement lieu ? Certains témoignages l’infirment ; de toute façon, l’écrivain en montre une image symbolique, et conforme à son orgueil. Un autre exemple : son expérience de la vie sauvage chez les Indiens Onondagas. Il constate honnêtement que “l’état de nature”, même si celui-ci inspire des scènes charmantes, s’est sensiblement dégradé ; il le raconte avec humour dans l’épisode inattendu de ”Monsieur Violet, maître de danse chez les Iroquois”. Cela dit, la beauté de la nature l’emporte sur tout et c’est le message que l’écrivain veut faire passer dans les ouvrages inspirés par son séjour outre-Atlantique, d’abord dans Atala, roman sentimental qui vaut surtout par la description d’un décor édénique, et dans Les Natchez, histoire d’une tribu qu’il a effectivement rencontrée, dont il relate la vie quotidienne, dont il vante l’hospitalité, sans parler de la beauté des femmes indiennes auxquelles il ne peut rester insensible.


Notre guide se devait d’évoquer, pour conclure, la postérité de ce Voyage en Amérique. Les lecteurs de 1830 ont fait le succès d’Atala et des Natchez (intégrés au Génie du Christianisme). Cependant Chateaubriand n’est pas que le chantre de l’exotisme et du pittoresque, il est aussi le témoin de la naissance d’une nation ; il a fort bien vu la nouveauté du gouvernement démocratique des États-Unis, l’essor de leur technologie, tout en dénonçant les dangers de la colonisation et les futurs problèmes liés à l’esclavage : en somme il a annoncé Tocqueville. Et, de nos jours la reconnaissance des qualités de l’écrivain sont unanimes. “Qui n’a pas été séduit par la voix du barde exaltant la nature américaine, comme s’il avait donné naissance au premier matin du monde ? “…

S’il est vrai que l’on peut prendre Chateaubriand en flagrant délit de mensonge — et les critiques ne s’en sont pas privés — cela ne changera rien de son génie. Et pour montrer qu’il a su “mêler fiction et réalité pour nous procurer un des plus grands plaisirs de lecture qui soient”, M.H Viviani a lu in fine ”le beau spectacle d’une nuit dans les déserts du Nouveau Monde”… L’assistance écoutait dans le silence “les roulements solennels de la cataracte du Niagara”… captivée par les rythmes de la prose impeccable du Grand Sachem du Romantisme.
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dimanche 3 octobre 2010

Visite au musée Stéphane Mallarmé au pont de Valvins à Vulaines sur Seine (77)

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Ces jours derniers, l'envie nous est venue de prendre la route de Fontainebleau pour rejoindre la maison que le poète Stephane Mallarmé prit en location, à partir de 1874. Professeur d'anglais à Paris, il venait y faire de nombreux séjours, pendant ses mois de vacances, jouissant de "cette retraite de clarté et d'arbres". C'est aussi la demeure qui recueillit  le dernier souffle du poète le 9 septembre 1898.

À Vulaines-sur-Seine au pont de Valvins, la maison-musée, petite propriété située en retrait du village, offre un moment de plaisir champêtre au promeneur en quête d'empreintes d'écrivains. Vieille maison paysanne, elle fut le refuge choisi par le poète, pressé de quitter son appartement parisien dès le beau temps venu.

En arrivant à 11 heures, nous étions les seuls visiteurs à pousser la grille et à franchir le seuil du home mallarméen. La lumière d'automne jouait sur les eaux de la Seine qu'aimait tant l'écrivain "épris de navigation fluviale" car  il prenait soin de sa yole d'acajou dansant au fil de l'eau : "J'honore la rivière qui laisse s'engouffrer dans  son eau des journées entières sans qu'on ait l'impression de les avoir perdues" (à Verlaine ). De sa chambre située au premier étage, il voyait s'écouler les ondes comme le flux profond de la vie. Il flânait dans les sous-bois de la forêt de Fontainebleau : "les antiques futaies" qui accueillaient les artistes tant peintres que poètes dont beaucoup devinrent ses amis.  

Paul Fort écrit que Mallarmé  "était l'enchanteur Merlin de cette forêt de Brocéliande, cernée de bardes et de muses"

Ce début d'automne doucement ensoleillé nous a conduits dans le jardin, si attirant avec ses allées bordées de mille fleurs  aux tons déjà fanés, doucement parfumés. Voici le verger ; les pommiers surchargés de fruits invitaient à la cueillette. Permission de croquer la pomme ! ce que je n'ai pas fait, sans doute parce que nous étions invités à le faire. Je  préférais regarder les fruits rouges, rebondis, éclatés, tacher le vert gazon de leurs tons mordorées et songer à la fuite du temps. Tables et chaises  dispersés ça et là nous invitaient à une pause lecture ou à la rêverie… J'imaginais M. le professeur en tablier de jardinier occupé à soignes ses rosiers dans un bain de verdure : "Tous les matins, je me promène sécateur à la main et fais leur toilette aux fleurs, avant la mienne."  

Nous avons visité la maison de bas en haut et pieusement respiré les effluves mallarméennes discrètement répandues dans chaque pièce où tout rappelle le poète symboliste, sa femme et leur fille Geneviève. Atmosphère intime créée par les meubles et objets choisis, tous sobres et de bon goût : le buffet aux assiettes, la fameuse table des mardis littéraires, la tabatière et la pendule de Saxe. Le cabinet japonais de l'écrivain, sa bibliothèque anglaise nous parlent de ses goûts en matière littéraire. Par amour pour Edgar Allan Poe, le jeune Stéphane apprit l'anglais pour traduire les Histoires extraordinaires. Le châle offert par Méry Laurent négligemment posé sur le dossier d'un fauteuil, évoque un amour défunt, des photographies ornent les murs et l'on se plaît à sonder ces visages que le poète aimait. Tout un monde perdu et retrouvé.

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