samedi 29 janvier 2011

Guillaume Budé à Paris

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Je viens de découvrir un blog : L'Indépendant du 4e Arrondissement de Paris, qui contient deux articles relatifs à Guillaume Budé.

Le premier concerne une statue de notre cher Guillaume. Beaucoup moins connue que celle située dans la cour du collège de France, celle-ci décore la façade de l'hôtel de ville de Paris, voir l'article.

Le second nous signale la rue Budé, sur l'île Saint Louis. 

Ces articles sont illustrés de photos.

Merci à leur auteur Emmanuel Delarue.

mardi 18 janvier 2011

De l'origine de la vie à la vie dans l'univers par André BRACK

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Le jeudi 13 janvier, nous avons accueilli
M. André BRACK
Directeur de recherches honoraire au Centre de biophysique
moléculaire du CNRS et spécialiste d'astrobiologie
venu parler de:
De l'origine de la vie à la vie dans l'univers

Dans sa présentation, le Président Alain Malissard a attiré l'attention sur le caractère exceptionnel de la conférence : « C'est une première pour notre section Budé que de recevoir un éminent scientifique, qui a été membre de la mission Mars Express, qui s'est donné pour tâche essentielle de rechercher partout la vie. » Et de rappeler que M. Brack a écrit sur ce sujet de nombreux ouvrages, entre autres La vie dans l'univers entre mythes et réalité, problème déjà soulevé au IIIe siècle avant notre ère par Epicure, et qui s'inscrit de ce fait dans notre tradition budiste. Cela dit, la référence à l'Antiquité pouvait ne pas suffire à rassurer les auditeurs, dans leur ensemble peu accoutumés à pénétrer dans ce milieu inconnu qui porte les noms d'astrobiologie ou d'exobiologie. Disons tout de suite qu'ils ont été captivés par l'enthousiasme du conférencier et par la clarté de son discours - de plus illustré d'étonnantes photographies de ce monde interstellaire - sans parler de ses résonances poétiques, avec, çà et là, une touche d'humour…

Au-delà des interrogations qui nous hantent et qui nourrissent les scénarios de la science-fiction, comme par exemple la présence dans le cosmos d'une vie parallèle à la nôtre, M. Brack a posé deux questions fondamentales : 1) qu'est-ce que la vie ? La réponse (partielle) vient de la chimie : est considéré comme vivant, tout système ouvert (c'est-à-dire qui reçoit et produit de l'énergie et de la matière) capable d'auto-reproduction et d'évolution, 2) quelle est l'origine de cette vie ? Celle-ci serait née il y a environ quatre milliards d'années dans une eau à 50 degrés qui recouvrait notre planète (notons qu'elle avait la bonne taille - plus grosse, elle aurait été essentiellement composée de gaz, plus petite elle n'aurait pas eu d'atmosphère, de plus elle était à la bonne distance de son étoile, pour la chaleur). La vie est très étroitement dépendante de la « chimie du carbone ». Cet élément proviendrait de plusieurs sources, la plus importante étant d'origine extra-terrestre. En effet, certaines météorites (la France en a deux beaux spécimens, à Rochechouart et à Ensisheim) contiennent des molécules de carbone et certains acides aminés présentent une « dissymétrie moléculaire », un des éléments permettant de distinguer le vivant de la matière inerte. Notons que ces météorites « arrivent » sur terre différemment selon leur poids. Les plus grosses (plus d'une tonne) se désintègrent en pénétrant dans l'atmosphère. Celles de l'ordre du kilogramme « passent » bien (plus de 20 000 sont recensées dans les musées de la planète). Et on trouve dans environ 4% d'entre elles des acides aminés. Celles de l'ordre du gramme, par contre, se désagrègent pour former les étoiles filantes. Enfin, les plus minuscules (les « micrométéorites » pesant de l'ordre du milligramme) arrivent au sol avec des acides aminés préservés. On les recueille principalement en Antarctique, mais on en a trouvé dans les échantillons lunaires. On estime qu'en 200 millions d'années, le carbone accumulé aurait pu former une sorte de « marée noire » de 40 m d'épaisseur sur l'ensemble de la surface de la terre. Ces météorites sont, pour la plupart, d'origine cométaire : la sonde européenne Rosetta en rapportera en 2015 d'une comète lointaine, à condition qu'elles supportent le voyage spatial retour.
Sans doute par la simulation de la chimie organique interstellaire, a-t-on réussi à synthétiser 16 acides aminés, lesquels ont été analysés dans les labos du CNRS d'Orléans. Mais pour retrouver la vie, il faut une cellule, avec son ARN, et, à cette étape, « on n'a pas encore réussi », avoue modestement M. Brack. On fait alors appel à la micropaléontologie, qui étudie les sédiments anciens (le plus ancien, au Groenland, date de 3,8 milliards d'années !) ainsi que les microfossiles.
Et, là aussi, les informations sont maigres, et les vestiges de la vie primitive presque tous effacés. Ainsi la recherche s'est à nouveau tournée vers l'espace. Il y a encore de l'eau, sous forme de glace à la surface de Mars, planète à la surface de laquelle les traces d'érosion par l'eau sont évidentes. Il y a même eu un espoir plus grand : la découverte par les américains, dans une météorite d'origine martienne, de structures interprétées comme des nanobactéries martiennes. Malheureusement ce scoop n'a pas résisté à une étude plus approfondie : ces structures ont été produites par les infiltrations d'eau lors du séjour prolongé (plusieurs milliers d'années) de cette météorite à la surface de la terre. Dans l'ensemble, la quête a été peu concluante, que ce soit sur le satellite Europe de Jupiter, sur Titan visité par la sonde Huygens, ou sur Encelade, le satellite de Saturne - qui nous a valu une photo surréaliste d'un geyser de glace.
Faudra-t-il donc aller au-delà du système solaire ?
À ce moment, nous autres pauvres terriens, nous avons éprouvé quelque vertige. Notre guide interplanétaire nous a assuré qu'on a dénombré 519 planètes hors du système solaires (ou exoplanètes), et encore, on ne voit que les plus grosses (qui sont faites de gaz). En 2006 la France a lancé le télescope spatial Corot pour observer les exoplanètes dites « rocheuses », et en 2010 on en a découvert une, 3 à 4 fois plus volumineuse que la Terre, mais pourra-t-on déceler si elle est habitable, c'est-à-dire avec de l'oxygène, du CO2 et de la vapeur d'eau ? La Mission Darwin de l'Agence Spatiale Européenne prévue pour 2020 nous le dira peut-être… Les esprits terre à terre répondront qu'il est inutile de chercher à savoir et qu'il y a bien assez à faire sur notre globe terraqué. Mais c'est certainement Einstein qui, une fois de plus, a raison : il ne faut jamais cesser de poser des questions !
Pendant la discussion qui a suivi, l'esprit flottant encore dans les galaxies, je me suis mis à évoquer la fin du XVIIe siècle, quand la frontière n'existait pas entre lettres et sciences, au temps où notre Fontenelle écrivait ses Entretiens sur la pluralité des mondes et j'ai remarqué que son héroïne, la Marquise de la Mésengère posait exactement les mêmes questions que nous-mêmes aujourd'hui, mais qu'elle n'avait pas eu la chance d'écouter un homme de talent comme André Brack.
P.S. Cette conférence, André Brack l'a dédiée à la mémoire de son collègue et ami Gustave Cornet (appelé familièrement Gus) qui était une figure marquante de notre groupe et que nous aimions tous.


Pour aller plus loin :

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samedi 15 janvier 2011

Numérisation du Bulletin de l’Association Guillaume Budé

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Le Bulletin de l’Association Guillaume Budé, qui paraît depuis 1923, va être prochainement numérisé dans le cadre du programme Persée à Lyon. Cette numérisation rendra les anciens bulletins accessibles gratuitement. 
 
Nous cherchons à réunir la collection la plus complète possible des bulletins et il nous en manque encore beaucoup. Les exemplaires seront massicotés et ne seront donc pas récupérables. Nous sommes donc à la recherche de généreux donateurs qui n'auraient plus réellement besoin de la collection qu'ils possèdent et qui seraient prêts à nous donner leurs exemplaires gratuitement.

Contact : Diane Cuny (dianecunyusa@yahoo.com)
06 67 04 15 40

vendredi 14 janvier 2011

Filles et fils de Clio à Pothier en 2011

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Patrick CLASTRES, professeur d’histoire en khâgne au lycée Pothier qui nous présenta, en 2008, "Pierre de Coubertin et l'invention de la tradition olympique” nous a communiqué le programme 2010-2011 du cycle de conférences “Filles et fils de Clio”, commencé en 2004.

La première des quatre conférences prévues cette année aura lieu mardi prochain  18 janvier, à 17 h 15 dans l'auditorium du lycée, il s'agit de :
« Les socialistes français et les ouvriers jusqu’en 1946 »  
par Noëlline CASTAGNEZ
maîtresse de conférences en histoire contemporaine,
Université d’Orléans

N'oubliez pas que les auditeurs extérieurs au lycée Pothier doivent s'inscrire avant les conférences auprès de patrick.clastres@sciences-po.org.
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jeudi 13 janvier 2011

Hommages

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Gustave CORNET et Anne-Marie BANQUELS DE MARQUE nous ont quittés en 2010. Ces deux figures historiques, membres de longue date de notre association, appartenaient aussi à l’Académie d’Orléans. C’est devant cette assemblée que Gérard LAUVERGEON, secrétaire de l'association Guillaume-Budé d'Orléans, leur a rendu hommage.

Vous pouvez prendre connaissance de ces deux hommages en cliquant sur les liens suivants :

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mardi 21 décembre 2010

Jacqueline de Romilly et l’association Guillaume-Budé

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Le décès de Jacqueline de Romilly, le 18 décembre, a donné à la presse l’occasion de revenir abondamment sur la carrière de la grande helléniste et sur son engagement pour la défense des langues anciennes. Nous voudrions ici simplement rappeler les rapports qu’elle a entretenus avec l’association Guillaume-Budé et sa section locale orléanaise.

En 1930, le Républicain orléanais et du Centre annonçait, sous le titre "Encore une victoire féministe", le succès au concours général de Mlle Jacqueline David, 17 ans, élève du lycée Molière à Paris : premier prix de version latine et deuxième prix de version grecque. Son succès à l’agrégation, six années plus tard, amena la jeune femme à enseigner dans des lycées de Tournon, Montpellier et Bordeaux.

C’est à l’association Guillaume-Budé de Bordeaux que Mlle David rencontra Michel Worms de Romilly, qu’elle épousa au printemps 1940.

Quelques années plus tard, elle entra au Conseil d’administration de l’Association et, en mars 1960, lors de l’Assemblée générale, elle fit une communication sur Les mythes antiques dans la littérature contemporaine.

En 1966, répondant à une invitation amicale de Jacques Boudet, elle fut reçue par notre Association orléanaise où elle fit une conférence sur le thème Age d’or et progrès à l’époque classique en Grèce.

En 1975, année où elle est devenue vice-présidente de l’Association, elle revint à Orléans pour féliciter la section orléanaise qui fêtait alors ses vingt années d’existence et pour parler de La tragédie grecque miroir de la Cité.

En janvier 1977, alors que l’association Guillaume-Budé nationale était associée à la commémoration, en Sorbonne, des débuts de l'enseignement du grec à Paris par Georges Hermonyme de Sparte, elle fit un bilan de Cinq siècles d'hellénisme en France et termina son intervention en lançant un appel en faveur de l'enseignement du grec.

En 1981, elle succéda à Fernand Robert comme présidente de l’Association. A ce titre, elle prononça un "in memoriam" lors du décès de Robert Flacelière, puis, à l’Assemblée générale de 1982, elle fit un exposé sur L'amitié de Giraudoux avec l'hellénisme.

Elle démissionna de la présidence fin 1983, afin, dit-elle alors, de ne pas "compromettre" l’association Guillaume-Budé alors qu’elle se disposait à publier un ouvrage très engagé sous le titre L’Enseignement en détresse.

En 1984, toujours à l’Assemblée générale de Guillaume-Budé, alors qu’elle venait d’illustrer par des extraits musicaux une étude sur La tragédie de Sophocle Hercules et le drame musical de Händel, elle profita de cette occasion pour revenir sur ses inquiétudes quant à l’avenir du grec dans notre enseignement : "Sans le grec en arrière plan, on vit toujours plus ou moins dans un monde à plat, auquel manque cette merveilleuse dimension du temps, où les oeuvres revivent, évoluent et prolifèrent de façon quasiment continue — jusqu'à présent du moins. En ces quatre mots de réserve, j'enferme nos craintes, nos espoirs, et la tâche même que notre Association entend assumer de toutes ses forces."

Dans les années qui suivirent, le bulletin de l’Association publia le texte de trois conférences données par Jacqueline de Romilly :
  — en 1986, une conférence qu’elle avait donnée aux Amis de l'Université de Paris-Sorbonne sur L'humanité d'Homère et les humanités.
  — en 1987, une conférence donnée devant la section d'Aix-en-Provence : Le conquérant et la belle captive.
  — en 1992, une conférence donnée au Palais de la Musique d'Athènes sur L'hésitation et le regret dans les tragédies antiques relatives à Electre.

Enfin, en 1993, Mme de Romilly prit contact avec l’association Guillaume-Budé d’Orléans pour attirer son attention sur une association qu’elle venait de fonder sous l'appellation de "Sauvegarde des enseignements littéraires".

L’influence de Jacqueline de Romilly s’est étendue bien au-delà de nos frontières. L’écrivain grec Vassilis Alexakis, que l’association orléanaise avait reçu en 1997, vient de lui rendre hommage en rappelant que son influence dans la Grèce d’aujourd’hui a été considérable et en suggérant qu’une rue d’Athènes porte son nom.

Pour son combat en faveur des études classiques, pour les leçons de rigueur et d’honnêteté intellectuelle qu’elle a données à ses élèves et à ses lecteurs, pour sa riche personnalité qu’elle a révélée au public dans plusieurs ouvrages plus personnels, Jacqueline de Romilly a été un bel exemple de cet humanisme moderne que l’association Guillaume-Budé essaie de sauvegarder et de promouvoir.

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Arlette Farge le jeudi 27 janvier 2011

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La conférence d'Arlette Farge :
reportée du 7 décembre, aura lieu le jeudi 27 janvier prochain.
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